Retour

De néonazi à tatoueur : dans la peau d'un ex-membre de gang de rue d’Ottawa

Marc Clairoux a fait partie d'un gang néonazi à Ottawa pendant plus de 25 ans. À 44 ans, devenu tatoueur, il propose aux jeunes membres de gangs de rue d'enlever gratuitement leurs tatouages et de leur enseigner son art, pour les aider à changer de vie.

Un texte de Guillaume Dumont

Marc Clairoux a 14 ans lorsqu'il se joint à un gang dans Vanier. « On se protégeait les uns les autres. Quand tu n'as pas de stabilité à la maison, tu construis ta propre stabilité », se rappelle-t-il.

Quatre ans plus tard, les choses se corsent : il devient membre d'un gang de rue néonazi basé à Ottawa et à Hull.

Les autres membres deviennent alors ses frères. Et ils sont prêts à tout pour défendre leurs couleurs.

Avec les années, Marc Clairoux gravit les échelons du gang. Il est impliqué dans de multiples crimes et fait de nombreux séjours en prison. « J'ai fait beaucoup de recrutement, je suis allé souvent en prison et c'est l'endroit idéal pour recruter, surtout avec une idéologie raciste », soutient-il.

Durant l'un de ces séjours, il commence à lire régulièrement et découvre de nouveaux horizons. Il se met alors à remettre en question l'idéologie raciste.

Lors de son dernier séjour au pénitencier, un drame survient qui va tout changer : le meurtre de son meilleur ami, âgé de seulement 23 ans.

« Un homme est venu au milieu de la nuit. Il a pris un bâton de baseball, il est allé où il dormait et il l'a battu à mort », confie-t-il.

Une succession de morts violentes parmi ses amis le pousse à changer de vie. Marc Clairoux décide de quitter le gang, mais il n'y a aucun programme pour l'aider à s'en sortir à Ottawa.

Un ami lui recommande alors de donner des conférences sur son parcours de néonazi... au Centre juif de services familiaux d'Ottawa.

Le fait de raconter son parcours lui donne cependant l'occasion de trouver un sens à sa vie, en aidant de jeunes délinquants de toutes origines culturelles, qui en sont à leur dernière chance.

« Des fois ils pleuraient, des fois ils étaient sous le choc », souligne-t-il.

Avec la collaboration de Marie-Eve Potvin

Plus d'articles