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De nombreuses plaintes concernant la sécurité sur le chantier du train léger

Les travailleurs sur le chantier du futur train léger sur rail d'Ottawa ont consigné des dizaines de plaintes formelles rapportant des conditions de travail dangereuses.

Selon des données obtenues par CBC en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le Ministère du Travail de l'Ontario a été informé à 56 reprises, entre janvier 2014 et avril 2017, d'incidents, de conditions de travail dangereuses et des blessures subies sur le chantier de construction du train léger.

Un ancien employé, qui a récemment quitté le projet en raison d'inquiétude pour sa propre sécurité, a dit à CBC qu'il sent qu'il n'y a pas « d'imputabilité » et d'« orientation » à l'intérieur des tunnels.

« L'aveuglement mène à l'aveuglement », a dit l'employé, dont l'identité a été protégée puisqu'il craint de ne plus pouvoir travailler dans l'industrie.

En mai dernier, des accusations ont été portées par le ministère du Travail contre le consortium qui construit le train léger. Ce dernier est accusé d'avoir enfreint la Loi sur la Santé et la sécurité au travail de l'Ontario. Le consortium s'expose à des amendes qui pourraient s'élever à plusieurs millions de dollars.

Trois incidents sont considérés comme des incidents graves par le ministère du Travail de l'Ontario. Un employé a trébuché sur une barre d'armature dans le tunnel, un autre a été hospitalisé pour une décharge électrique, tandis que le ministère a confirmé qu'un des travailleurs a subi un traumatisme crânien après qu'un tuyau en caoutchouc utilisé pour verser du béton l'eût assommé.

Les travailleurs sonnent l'alarme

Les documents révèlent aussi les inquiétudes des travailleurs sur les conditions de travail à l'intérieur des tunnels. Les allégations font état d'un mauvais entretien, d'une mauvaise qualité de l'air, des risques pour les employés de trébucher, un mauvais contrôle de la circulation de la machinerie et de personnes travaillant avec les facultés affaiblies. De plus, les travailleurs craignent à un effondrement des structures.

Selon le rapport obtenu par CBC, le site est décrit comme un « site très dangereux » et l'employeur et les travailleurs « ne prennent pas la sécurité au sérieux »« Le mot se passe rapidement que le ministère du Travail est arrivé et les personnes resserrent les choses pendant que le ministère est là. Quand il sera parti, les manquements seront de retour », a fait savoir un des plaignants.

Le président du Conseil canadien du travail, Hassan Yussuf sonne l'alarme. Il craint qu'un travailleur soit tué lors d'un accident sur le chantier. Il voudrait que la Ville d'Ottawa et que le consortium Rideau Transit Group (RTG) prennent la sécurité plus au sérieux en ajoutant plus formation notamment. Il dit que la santé et la sécurité des travailleurs devraient être la priorité.

Le consortium se défend en disant que la sécurité est sa priorité.

« Nous prenons tous les incidents de sécurité au sérieux et nous travaillons pour résoudre les problèmes et à apporter des améliorations à nos sites de travail, si nécessaire, de façon continue », a fait savoir RTG dans une déclaration envoyée à CBC. « Il n'y a pas de priorité plus importante pour nous que d'envoyer les travailleurs à la maison en toute sécurité à la fin de la journée ».

Le ministère émet plus de 500 ordres d'arrêt des travaux

Plus de 1200 personnes travaillent sur le chantier du train léger sur rail. RTG encourage les travailleurs à rapporter tout incident ou non-respect des normes de sécurité à leur superviseur ou au comité sur la santé et sécurité au travail. Le consortium affirme travailler de concert avec le ministère du Travail pour améliorer la sécurité sur ses sites, en faisant connaître les problèmes rencontrés.

Le ministère a délivré plus de 500 ordres d'arrêt des travaux depuis le début des travaux puisque le chantier ne respectait pas la Loi sur la Santé et la sécurité au travail de l'Ontario. Plus de 70 avis temporaires ont suspendu les travaux à certains endroits sur le chantier. Selon le ministère, les ordres ont pour la plupart été respectés et ne sont plus en vigueur.

Avec les informations d'Ashley Burke, CBC

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