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Débat des candidats à la mairie de Gatineau : les faits saillants

Cinq candidats. Cinq thèmes. Retrouvez ici les faits saillants du débat des candidats à la mairie de Gatineau organisé par ICI Ottawa-Gatineau.

Animé par Daniel Bouchard, le débat de 90 minutes a été diffusé simultanément sur Facebook et sur le site Internet d'ICI Ottawa-Gatineau, mardi soir.

Au menu : des échanges et un choc des idées sur des enjeux tels que l'entretien des routes, le transport, les taxes, la culture, les loisirs et le développement urbain.

1. L'ENTRETIEN DES ROUTES

Denis Tassé a été la cible de ses adversaires en raison de sa promesse d'investir 108 millions de dollars sur 4 ans et d'emprunter 100 millions de dollars sur 20 ans pour payer les factures. La candidate Sylvie Goneau a soutenu que cet endettement hypothéquerait la Ville de Gatineau pour d'autres projets.

M. Tassé a également subi les foudres de Clément Bélanger pour sa promesse de suspendre la taxe dédiée aux infrastructures en 2018. M. Bélanger a accusé M. Tassé, qui se décrit comme l'un des pères de la taxe dédiée, de renier « son enfant ».

Le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin a précisé que la Ville était l'une des municipalités au Québec qui avaient le plus amélioré les investissements dans le réseau routier.

La question du déneigement

Le candidat Rémi Bergeron a indiqué que pour améliorer le déneigement, il entend embaucher plus de personnel. Il financerait ces embauches en utilisant le budget des heures supplémentaires payées aux cols bleus de la Ville lors des dernières opérations de déneigement.

Le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin a soutenu que la Municipalité a pris des mesures pour améliorer le déneigement, en mettant de l'argent de côté pour recourir à la sous-traitance afin d'épauler les équipes municipales.

Denis Tassé a accusé le maire d'avoir échoué à ce chapitre, en citant une hausse faramineuse des plaintes au service 311. M. Pedneaud-Jobin a rétorqué que les plaintes étaient les mêmes, puisque le nombre est « proportionnel aux centimètres tombés ».

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2. LE TRANSPORT COLLECTIF

L'ouest de Gatineau

Interrogé à savoir quelles actions concrètes il entend « poser comme maire pour améliorer le transport en commun dans le secteur d'Aylmer », Rémi Bergeron a dit vouloir améliorer le service dans tous les secteurs de la ville et vouloir mieux s'entendre avec les chauffeurs de la Société de transport de l'Outaouais (STO).

Le candidat à la mairie a indiqué vouloir remplacer certains autobus par des taxi-bus le week-end, afin de gonfler les effectifs des chauffeurs aux heures de pointe en semaine.

Pour sa part, Denis Tassé a souligné que la mise en place d'un nouveau système de transport en commun dans l'ouest de Gatineau, qu'il s'agisse d'un train léger ou d'un tramway, ne se fera pas avant sept à huit ans.

« Ce que les gens d'Aylmer nous disent [c'est] : ''Demain matin, qu'est-ce qu'on fait? », a-t-il lancé, rappelant qu'il entend donner 4 millions de dollars supplémentaires à la STO.

En réponse à Sylvie Goneau, qui lui a demandé où il entend trouver ces fonds, M. Tassé a promis de présenter son cadre financier dans les prochains jours.

Tout comme M. Tassé, Clément Bélanger a dit vouloir se pencher sur des solutions à court et moyen termes. Il a notamment suggéré de permettre aux voitures hybrides et électriques de circuler dans la voie normalement réservée aux autobus. M. Bélanger a aussi indiqué qu'il aimerait permettre aux véhicules d'emprunter trois voies sur quatre dans la même direction aux heures de pointe, par exemple sur le chemin d'Aylmer.

Mme Goneau a quant à elle souligné qu'il est important d'arrimer les lignes d'autobus de quartier avec le Rapibus. Elle a rappelé que certains autobus du Rapibus sont déjà « bondés » lorsque les usagers arrivent à une station.

L'est de Gatineau

Pour ce qui est du transport en commun dans l'est de Gatineau, une internaute a demandé au maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin, comment il compte « pallier le manque de service dans le secteur de Buckingham ».

Le principal intéressé a profité de l'occasion pour rappeler la conclusion d'une entente avec la Ville d'Ottawa en matière de transport, notamment afin de mieux arrimer les circuits de la STO avec ceux d'OC Transpo. M. Pedneaud-Jobin a ajouté qu'il est d'avis que le train léger doit traverser à Gatineau.

« Ça, il faut qu'on commence à travailler tout de suite. On sait qu'on va finir aux rails. Il faut qu'on pense comme région métropolitaine et le travail doit se faire immédiatement », a-t-il affirmé.

De son côté, Mme Goneau veut achever le Rapibus jusqu'à l'aéroport exécutif Gatineau-Ottawa et rouvrir le débat sur un nouveau pont dans l'est de la municipalité. Lorsque l'animateur Daniel Bouchard a rappelé que la Ville d'Ottawa ne semble pas intéressée par l'idée d'un nouveau pont, Mme Goneau a rétorqué « qu'il faut parler pour Gatineau ».

« Ottawa, eux autres, ça fait bien leur affaire d'avoir un tunnel. Mais le tunnel ne [servira] pas aux citoyens de la Ville de Gatineau. Il faut s'assurer que le vouloir politique sur le côté de la rive québécoise [...] est arrimé entre les trois paliers, puis il faut s'assurer qu'on s'assoie avec les représentants [...] de la rive ontarienne pour que les deux communautés [...] soient bien servies », a-t-elle fait valoir.

MM. Bélanger et Bergeron ont tous deux manifesté leur intention d'offrir le transport en commun gratuitement aux étudiants.

Mme Goneau a toutefois souligné qu'une telle gratuité aurait des coûts. Elle s'est néanmoins montrée ouverte à l'idée de faire profiter les étudiants d'éventuelles « économies » issues d'une restructuration de la STO.

M. Pedneaud-Jobin a pour sa part rappelé que la STO a récemment annoncé une « tarification sociale ».

À différents degrés, les cinq candidats se sont entendus sur l'importance de continuellement améliorer les services aux citoyens en matière de transport en commun.

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3. LES TAXES MUNICIPALES

Les cinq candidats ont tous l'intention de limiter la hausse des impôts fonciers à un niveau proche de l'indice du prix à la consommation, ou qui s'y apparente, au cours des quatre prochaines années.

La candidate Sylvie Goneau croit également que la Ville de Gatineau peut dégager de nouveaux revenus de près de 45 millions de dollars en réduisant, par attrition, 472 postes dans la fonction publique municipale.

Cette suggestion a fait bondir Maxime Pedneaud-Jobin, pour qui cette réduction de postes voudrait dire des réductions de personnel dans des services comme les infrastructures.

« Ça ne donne pas de résultats », a estimé M. Pedneaud-Jobin, disant être d'avis que c'est en examinant les façons de faire pour être plus efficace que la Ville peut réaliser des économies.

« Ça nous a fait 15 millions d'économies, un an d'avance », a-t-il souligné, en parlant des travaux de la Commission de révision des dépenses de la Ville de Gatineau.

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4. LA CULTURE ET LES LOISIRS

Des patinoires...

S'il est élu maire, Clément Bélanger n'a pas l'intention de revenir sur la décision de déménager l'aréna Guertin dans le secteur de Gatineau. Il a toutefois indiqué qu'il entend bonifier l'offre d'arénas dans l'ouest de la ville, notamment dans le secteur du Plateau.

Sylvie Goneau a pour sa part réitéré son opposition au projet Guertin dans sa forme actuelle. Elle a manifesté son intention de construire deux glaces sur l'actuel site de l'aréna Guertin dans le secteur de Hull, tout en construisant deux patinoires à la place de la Cité, une pour le hockey et l'autre pour le patinage de vitesse.

Mme Goneau veut aussi revoir le plan de déploiement des arénas et ajouter des patinoires dans l'ouest de Gatineau.

Malgré les critiques, le maire sortant et chef d'Équipe Pedneaud-Jobin - Action Gatineau a maintenu que la place de la Cité est le meilleur endroit pour construire le futur aréna Guertin. Selon Maxime Pedneaud-Jobin, c'est aussi ce que souhaitent les Olympiques de Gatineau.

Même s'il a de nombreuses réserves à l'égard du projet Guertin, Denis Tassé veut le mener à terme à la place de la Cité. Il a dit croire que les citoyens ne veulent plus entendre parler de ce dossier.

...et des livres

Rémi Bergeron s'est engagé à financer les bibliothèques publiques. Selon lui, les bibliothèques sont aussi « des lieux de rencontre » où les gens pratiquent de nombreuses activités, au-delà de la lecture. Il s'est dit favorable à la construction d'une grande bibliothèque à l'intérieur de la Place des peuples proposée par Brigil dans le secteur de Hull.

Clément Bélanger, lui, est opposé au projet de grande bibliothèque. Il a dit fréquenter les bibliothèques publiques régulièrement, mais il croit que la grande bibliothèque de Gatineau serait redondante dans le contexte où un projet semblable est en préparation à Ottawa.

M. Bélanger a du même coup lancé l'idée d'une grande maison du Québec à Gatineau, laquelle pourrait inclure une bibliothèque, mais également une salle de spectacle pouvant accueillir un spectacle à grand déploiement semblable à La Fabuleuse histoire d'un royaume présentée au Saguenay.

Maxime Pedneaud-Jobin a souligné que les bibliothèques sont essentielles dans une société du savoir. Action Gatineau mise donc sur les bibliothèques municipales, dans lesquelles le parti promet d'investir 56 millions de dollars. Il veut, entre autres, agrandir les bibliothèques Guy-Sanche et Lucy-Faris.

Pour ce qui est d'une bibliothèque au centre-ville, M. Pedneaud-Jobin compte miser sur des partenariats financiers, par exemple avec l'Université du Québec en Outaouais, le gouvernement fédéral et les commissions scolaires.

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5. LE CENTRE-VILLE ET LE DÉVELOPPEMENT URBAIN

Le débat sur les tours Brigil a provoqué certaines attaques entre les candidats. Deux d'entre eux, Rémi Bergeron et Maxime Pedneaud-Jobin, ont eu maille à partir avec Denis Tassé, Sylvie Goneau et Clément Bélanger, qui ont tous trois appuyé le projet Place des peuples.

MM. Bergeron et Pedneaud-Jobin ont indiqué qu'ils appuyaient le projet, qui comporterait deux tours de 35 et 55 étages, mais pas devant le Musée canadien de l'histoire.

Mme Goneau a affirmé que ce projet, jumelé avec d'autres, comme le développement du secteur de la Fonderie, le projet Zibi et la rénovation des terrains de l'actuel aréna Guertin, pourrait rapporter des dizaines de millions de dollars en revenus d'impôts fonciers.

M. Tassé a quant à lui estimé que le projet des tours Brigil pourrait être la « porte d'entrée des touristes ». À une question sur les dangers que ce projet représente pour le patrimoine, M. Tassé a indiqué que Gatineau n'est pas différente des autres grandes villes du monde.

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