Retour

Début de l'enquête de remise en liberté de Jean-François Émard

L'audience sur la mise en liberté sous caution du chef présumé des Rock Machine, Jean-François Émard, a commencé mardi au palais de justice de L'Orignal, dans l'Est ontarien.

Un texte de Denis Babin

Deux policiers, qui sont des témoins de la Couronne, ont relaté le fil des événements qui a conduit à l'arrestation de l'individu après une altercation dans un bar de Casselman le printemps dernier.

Rappelons que Jean-François Émard fait, entre autres, face à des accusations de possession illégale d'une arme à feu prohibée ou à autorisation restreinte chargée, d'avoir dissimulé une arme et d'entrave à la justice.

Un autre individu, Pascal Carrier, est aussi accusé dans cette histoire.

L'enquêteur Gaston Thibodeau, qui fait partie de la Brigade anti-motards de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), est le premier à avoir témoigné.

Durant plusieurs mois, l'agent-détective a été actif dans le Projet Rawson, une enquête sur les activités des Hells Angels Nomads de l'Ontario.

Or, lors d'un appel téléphonique intercepté le 28 avril dernier, l'enquêteur de la PPO a mentionné que Martin Bernatchez, alors président des Nomads de l'Ontario, a discuté « d'une altercation verbale » qui s'est produite entre un client potentiel de son organisation et « un gars des Rock Machine » à une station d'essence de Casselman.

Une rencontre pour calmer le jeu

Selon l'enquêteur, une autre discussion, enregistrée le même jour, laisse entendre que les Nomads ontariens cherchent à organiser une rencontre avec Jean-François Émard pour calmer le jeu.

« On se doutait bien qu'un groupe irait rendre visite à Émard à Casselman », a indiqué Gaston Thibodeau dans son témoignage.

Les doutes de l'enquêteur se sont confirmés dès le lendemain, soit le vendredi 29 avril, alors qu'un groupe composé de membres des Nomads et des Red Devils, un club-école des Hells Angels, de même que des « associés sans statut », se rendaient à Casselman en début de soirée.

La visite de ces derniers a été  captée sur vidéo par une équipe de surveillance de la PPO.

« Une démonstration de force »

Les motards ont pris la direction d'un bar d'effeuilleuses situé au cœur du village en prenant bien soin de mettre leurs couleurs en évidence.

À un moment donné, le président des Nomads de l'Ontario, Martin Bernatchez, a même enlevé sa veste pour la déposer en bordure de la terrasse. « Un membre full-patch qui enlève ses couleurs, c'est la première fois que je vois ça », a raconté l'enquêteur Gaston Thibodeau.

Le sergent-détective Rock Whitton, le deuxième témoin de la Couronne à avoir été entendu mardi, était à la tête de l'équipe de surveillance.

Ce dernier explique qu'il était chargé, durant l'opération, de garder un œil sur les allées et venues devant le domicile de Jean-François Émard.

Selon le sergent-détective, alors que les Nomads procédaient à leur « démonstration de force » au bar de danseuses, le chef présumé des Rock Machine se trouvait en compagnie de deux autres personnes à l'extérieur de sa résidence.

C'est alors qu'une camionnette est passée devant eux à basse vitesse.

« De façon délibérée, ils [les individus à bord du véhicule] ont ralenti pour être vus », explique Rock Whitton à la Cour.

Des policiers sur un pied d'alerte

D'après le policier, peu de temps après avoir défié du regard les occupants de la camionnette, Jean-François Émard se dirigeait en compagnie de Pascal Carrier vers le bar de danseuses.

Les membres de l'équipe de surveillance de la PPO ont alors été mis sur un pied d'alerte.

« C'est un vendredi en début de soirée. Il fait beau. Tout le monde est à l'extérieur. Dans ma tête, c'est la sécurité du public qui prévaut », a relaté Rock Whitton.

Au bar d'effeuilleuses, cela a provoqué la panique, « des coups de feu ont été entendus ». Une séquence vidéo déposée en preuve par la Couronne montre les Hells Angels Nomads en train de quitter les lieux.

Dans les minutes qui ont suivi, le sergent-détective Rock Whitton dit avoir observé Jean-François Émard revenir sur ses pas. « Il semble boiter. Il semble essoufflé. Je vois clairement la crosse d'une arme à feu imprimée dans son chandail », raconte-t-il.

C'est à ce moment que le policier dit avoir confronté l'accusé.

Mais Jean-François Émard, refusant d'obtempérer, a poursuivi sa course et est allé se réfugier dans le sous-sol d'un restaurant pour finalement se rendre quelques minutes plus tard, ajoute le policier.

Selon Rock Whitton, un revolver a été retrouvé dans le sous-sol du restaurant par l'escouade canine de la PPO plus tard cette soirée-là.

Jean-François Émard sera de retour en cour jeudi.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un pilote frôle le sol





Rabais de la semaine