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Début du procès d'un « père grand-père » incestueux à Gatineau

Le procès d'un « père grand-père » incestueux s'amorce lundi au palais de justice de Gatineau. Un jury de quatre hommes et huit femmes devra décider du sort de l'accusé, un septuagénaire originaire de Val-des-Monts, qui aurait agressé sexuellement ses trois filles et une « fille petite-fille » pendant plusieurs décennies.

Le procès devrait durer de deux à trois semaines.

L'accusé est un homme d'affaires de 79 ans, que l'on ne peut nommer pour préserver l'identité des plaignantes. Il est détenu depuis son arrestation, en novembre 2014.

Il fait face à six accusations de nature sexuelle. Il aurait commis les actes qui lui sont reprochés de façon répétée pendant une longue période, soit de 1971 à 2004.

Accusations scabreuses

Selon la preuve, le septuagénaire aurait eu des relations sexuelles avec ses trois filles. Il est aussi accusé d'attouchements de nature sexuelle sur une de ses petites-filles.

D’entrée de jeu, la procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, a mis en garde les jurés contre les témoignages difficiles qu’ils allaient devoir entendre. « Ce sera désagréable, choquant et révoltant », a-t-elle dit, ajoutant que le jury allait devoir écouter le récit de trois femmes ayant grandi dans un milieu dominé par la loi du silence.

Une de ses filles aurait ainsi été agressée durant une période de 32 ans, soit de l’âge de 8 à 40 ans. Tombée enceinte une première fois à 13 ans, elle a eu trois enfants de son père.

La paternité de deux de ces enfants ne fait aucun doute, des analyses de l'ADN prélevées sur ces derniers prouvant scientifiquement que l'accusé est bel et bien à la fois le père et le grand-père des enfants.

Après la mort de sa femme, l’accusé aurait vécu en concubinage avec sa propre fille et leurs enfants.

Cette présumée victime est la première à avoir porté plainte contre l’accusé à l’automne 2014.

Deux autres filles de l’homme, ainsi qu’une fille qu’il a eue avec sa propre enfant, auraient été agressées de manière répétitive alors qu’elles étaient mineures. Les agressions auraient eu lieu dans la maison familiale, ainsi qu’à Gatineau et à Montréal.

Ces autres présumées victimes ont à leur tour porté plainte contre leur père une fois celui-ci arrêté.

Les agressions auraient eu lieu dans la maison familiale, au chalet, à bord de voitures ainsi que dans des motels.

Selon la Couronne, l’accusé forçait ses victimes à avaler un mélange d’alcool et de jus d’oranges avant ses agressions, question de les aider à se détendre avant qu’il ne passe à l’acte.

Lors de la première comparution de l’homme en avril 2015, le juge Gaston Langevin, du tribunal de Gatineau, avait souligné à grands traits le climat de terreur instauré par l’accusé.

Décrit comme autoritaire et manipulateur, il aurait créé auprès de ses proches l’image d’un homme capable d’influencer, voire d’acheter, policiers, juges et politiciens.

Selon les plaignantes, il aurait ainsi réussi à créer et à maintenir autour d'elles un climat de peur.

Même incarcéré, et en dépit d'une interdiction du tribunal, le père-grand-père serait entré en contact de diverses façons avec les plaignantes pour les dissuader de porter plainte, les intimider et les menacer.

Avec les informations de la journaliste Pascale-Marie Dufour

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