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Décret américain sur l'immigration : l’Université d’Ottawa veut accueillir des étudiants touchés

Les dirigeants de l'Université d'Ottawa tendent la main aux nombreux étudiants qui se voient interdits d'entrée aux États-Unis en raison du décret présidentiel sur l'immigration. Ils leur offrent de venir poursuivre leurs études dans la capitale nationale.

Un texte de Roxane Léouzon

« On parle de probablement 50 000 étudiants et plus de ces pays-là qui sont présentement aux États-Unis », a avancé le vice-recteur associé aux affaires étudiantes et internationales de l'établissement, Gary W. Slater. « Dès qu’ils vont sortir des États-Unis, ils vont se retrouver dans une situation difficile où ils ne peuvent plus rentrer. Ils ne se sentent pas non plus très très bienvenus. »

En vertu du décret signé par le président américain Donald Trump, vendredi, les ressortissants de sept pays à majorité musulmane sont interdits d'entrée aux États-Unis pour une période de 90 jours. Il s'agit de la Syrie, de l'Iran, de l'Irak, de la Libye, de la Somalie, du Soudan et du Yémen.

L’Université d’Ottawa a donc annoncé, mercredi, une série de mesures pour que les étudiants originaires de ces pays puissent venir poursuivre leurs études sur ses campus. L'établissement veut notamment accélérer le traitement de leurs demandes d’admission et entend tenter d'intégrer les étudiants des cycles supérieurs à ses équipes de recherche.

L'Université d'Ottawa compte aussi intervenir auprès des autorités canadiennes de l’immigration et prendre en charge une partie des droits de scolarité des étudiants touchés.

Il faudra regarder chacun des dossiers, un par un, pour voir dans quelle mesure on peut les aider.

Gary W. Slater, vice-recteur associé aux affaires étudiantes et internationales à l’Université d’Ottawa

Au moins une demande

À peine deux heures après avoir publié ces mesures sur son site Internet, l’Université avait déjà reçu une première demande. « C'est un étudiant qui fait présentement un doctorat au Canada, pas à l'Université d'Ottawa, dont l'épouse fait des études aux États-Unis », a rapporté M. Slater.

« Ils ne sont plus capables de se voir en raison du décret américain. Il nous demande déjà, pour des raisons humanitaires, de voir si on ne pourrait pas accueillir son épouse ici pour qu'elle continue ses études au Canada », a-t-il ajouté.

« Il y a un besoin, pas de doute là-dessus », a-t-il jugé, bien qu’il soit incapable d’estimer le nombre d’étudiants qui bénéficieront des mesures mise en place par son établissement.

Un peu plus de 200 étudiants de l’Université d’Ottawa proviennent des sept pays visés par le décret américain, selon M. Slater. « Je viens d’ailleurs d’apprendre que deux de nos étudiants devaient aller en conférence aux États-Unis et qu’ils ne pourront plus y aller parce qu’ils vont être retournés à la frontière », a déploré le vice-recteur.

D’autres universités canadiennes pourraient emboîter le pas avec des mesures semblables, croit M. Slater, soulignant que plusieurs d’entre elles ont envoyé des messages de solidarité envers ces étudiants.

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