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Déforestation dans les Comtés unis de Prescott et Russell : des boisés rasés, des élus réticents

Tout récemment, les résidents de Vankleek Hill dans l'Est ontarien ont eu droit à toute une surprise.

Sans avertissement, une terre d'environ 55 acres, située au sud du village le long de la route 34, a été complètement rasée.

À l'heure actuelle, cette pratique, bien que discutable, est tout à fait légale.

Un texte de Denis Babin

Perte de terrain importante

Néanmoins, la publication récente d'une étude a relancé le débat sur le besoin de légiférer pour protéger le couvert forestier des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).

Sans être alarmiste, l'étude en question démontre une tendance claire.

Lentement, mais sûrement, le couvert forestier des Comtés unis perd du terrain.

« Le constat, c'est que nous avons une perte de couvert forestier depuis 2008 de 4,44 % au niveau des Comtés unis », indique le directeur du département d'urbanisme et de foresterie des CUPR, Louis Prévost.

Aujourd'hui, les arbres couvrent moins de 25 % du territoire, soit 5 % de moins que le seuil minimal acceptable, et ce malgré les efforts consentis par les autorités régionales pour protéger ou renouveler les boisés.

L'expansion des terres agricoles est la principale raison qui explique cette réduction du couvert forestier, loin devant le développement résidentiel, commercial et industriel. On y attribue plus de 63 % des pertes.

« Il y a beaucoup de terres boisées qui sont défrichées à des fins agricoles », ajoute Louis Prévost.

Entre 7,000 $ et 10,000 $ de l'acre

Les agents immobiliers de la région seront les premiers à vous le dire.

Une terre déboisée et bien drainée peut valoir à son propriétaire son pesant d'or.

Selon Nancy Levac, agente immobilière de Hawkesbury, une propriété qui renferme une forêt mature peut se vendre entre 1,500 $ entre 3,000 $ de l'acre.

En contrepartie, le prix d'une terre déboisée et bien drainée peut atteindre jusqu'à 10,000 $ de l'acre.

« Quelqu'un qui veut s'engager à avoir une belle terre agricole et faire le nettoyage, lui aussi doit débourser beaucoup de sous. Mais tout compte fait, sa terre va valoir plus cher », explique l'agente immobilière.

Dans une région où l'agriculture occupe plus de 70 % du territoire, la réticence de certains élus d'adopter une réglementation plus restrictive à l'égard des propriétés boisées est loin de surprendre.

Le comité consultatif d'urbanisme et de foresterie des Comtés unis doit se pencher sur la question mercredi prochain.

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