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Délais en immigration : le cauchemar de la famille Kapamba enfin terminé

C'était un moment émouvant, mercredi, à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal. Une résidente d'Ottawa d'origine congolaise essayait de faire venir sa mère au Canada depuis 13 ans. Mais des délais d'Immigration Canada retardaient sans cesse leurs retrouvailles. À la suite d'un reportage de Radio-Canada, mère et fille ont enfin été réunies.

Un texte de Brigitte Bureau

Cris de joie, embrassades et larmes ont marqué les retrouvailles de Marie-Flore Kapamba et de sa mère, Alphonsine Mbuyi.

Les deux femmes sont demeurées enlacées durant de longues minutes, se touchant parfois le visage, comme pour s'assurer que c'était bien vrai, qu'elles étaient enfin ensemble.

C'est un moment que Marie-Flore Kapamba attendait impatiemment.

Enfin, elle est arrivée en bonne santé. Enfin, elle est arrivée en vie!

Marie-Flore Kapamba

« J'étais désespérée. Je n'arrivais même plus à y croire », a lancé Mme Kapamba, émue, tout en tenant sa mère par la taille. « C'est comme si j'étais encore dans un rêve. Ç’a été tellement long. Ç'a été la plus dure épreuve de ma vie. J'arrive pas encore à m'en rendre compte. Mais je dis merci. »

C'est aussi la première fois que sa mère serrait dans ses bras ses petits-enfants, des triplés, maintenant devenus des adolescents.

« Je suis contente. Je suis contente », répétait la femme de 70 ans. « Je suis avec mon enfant et mes petits-enfants. »

Une histoire touchante

Leur saga commence en 2003, quand Marie-Flore Kapamba essaie de faire venir d'urgence sa mère de la République démocratique du Congo pour lui prêter main-forte.

Mme Kapamba est alors en instance de divorce et élève seule ses trois bambins.

L'année suivante, sa mère accepte de quitter son pays pour l’Afrique du Sud, où une ambassade canadienne pourrait traiter plus rapidement sa demande.

Mme Mbuyi croyait y séjourner temporairement, en attendant son départ rapide pour le Canada. Coincée sur place, elle y aura finalement vécu seule pendant 12 ans.

En 2010, quand la demande de parrainage est enfin acceptée par Immigration Canada, mère et fille ont cru qu'elles allaient bientôt se retrouver. Mais de nombreux retards de traitement ont sans cesse repoussé la réunification familiale, au désespoir des deux femmes.

Le 6 décembre 2016, Radio-Canada a révélé l’histoire de cette famille. Dans le reportage, Marie-Flore Kapamba implorait le ministre de l'Immigration de l’époque, John McCallum, pour qu’il intervienne afin que sa mère arrive enfin à Ottawa.

Deux semaines et demie plus tard, le 22 décembre 2016, le Canada délivrait un visa à Mme Mbuyi, lui permettant de venir s'établir ici.

Mère et fille sont extrêmement reconnaissantes à l'endroit de Radio-Canada. « Deux semaines après le reportage, on avait une réponse positive cette fois », souligne Mme Kapamba. « C'est incroyable. C'était magique. »

Mais pour celle-ci, il n'est pas normal qu'un reportage soit nécessaire pour faire bouger les choses. Elles estiment que des changements s'imposent à Immigration Canada.

Le problème est grave. Attendre 13 ans, c'est long. Ce manque d'humanité m'a vraiment déçue.

Marie-Flore Kapamba

Mme Kapamba a aussi tenu à souligner le travail de son député, le libéral Andrew Leslie, et de son équipe, ainsi que les efforts de son prédécesseur, le conservateur Royal Galipeau, et de ses employés, qui ont tous tenté de régler le dossier.

Rebondissements de dernière minute

Jusqu'à la fin, le système d'immigration canadien aura fait la vie dure à la famille Kapamba.

Le haut-commissariat du Canada à Pretoria a convoqué Alphonsine Mbuyi à ses bureaux, le 19 décembre 2016, pour lui demander photographies, passeport et argent pour le visa.

La septuagénaire croit alors que son départ est imminent… mais on la renvoie à la maison.

Plus tard ce même jour, elle reçoit un bref courriel automatisé selon lequel le visa est en cours de traitement et qu'on l'informera quand il sera prêt. Ce message n'est pas signé et il est impossible d'y répondre.

Le 22 décembre 2016, le visa est délivré, mais personne n'en avise Marie-Flore Kapamba ni sa mère.

Mme Kapamba l'apprend le 29 décembre 2016, quand elle parvient à joindre au téléphone une représentante du bureau des visas à Pretoria.

Un tourbillon d'activités s'ensuit alors pour aller chercher le visa, réserver les billets d'avion et préparer le voyage d'un membre de la famille vers l'Afrique du Sud pour accompagner Mme Mbuyi dans son déménagement vers son nouveau chez-soi.

Après toutes ces années de séparation, le 25 janvier 2017 mère et fille se sont retrouvées, émues et bouleversées.

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