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Demandeurs d'asile : des élèves inattendus dans les écoles de l'Ontario

Cornwall s'apprête à accueillir des centaines de demandeurs d'asile dans les prochaines semaines. Parmi eux se trouvent des jeunes qui, inévitablement, se retrouveront sur les bancs d'école dans l'attente d'une décision sur leur demande d'asile au Canada.

Un texte de Claudine Richard

« Il faut qu'on trouve des écoles pour les enfants. Jusqu'à ce que leur statut soit déterminé, les enfants sont à l'école », a déclaré l'ancien président de l'Association des enseignants franco-ontariens (AEFO), Carol Jolin, maintenant président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Le Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario se dit prêt à accueillir ces élèves, à temps pour la rentrée.

« En date d'aujourd'hui, on parle de dizaines, mais on sait très bien qu'il y a d'autres familles qui sont attendues dans les prochains jours », a déclaré la directrice de l'éducation du Conseil des écoles publiques de l'est de l'Ontario, Édith Dumont.

Des locaux ont déjà été mis à la disposition de ces élèves inattendus. Une communication quotidienne entre la municipalité et le ministère de l'Éducation a été instaurée.

« On a de l'expérience avec les personnes réfugiées ou immigrantes, comme conseil scolaire public. C'est quand même une expérience qu'on a vécue avec la communauté syrienne », a souligné Mme Dumont.

Occasion de répondre aux cibles d'immigration francophone en Ontario

Le gouvernement ontarien s'est fixé la cible de 5 % de francophones parmi le total des immigrants qui choisissent l'Ontario, mais cette cible n'est pas respectée. Le pourcentage d'immigrants francophones qui sont arrivés en Ontario en 2015 était de 2 %.

L'arrivée de ces centaines de migrants, majoritairement haïtiens, offre un potentiel d'immigration francophone intéressant, selon M. Jolin.

« C'est certain que cet afflux-là de demandeurs d'asile peut être une occasion de nous rapprocher de nos cibles et peut-être les dépasser », a estimé M. Jolin.

Selon l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, de nombreux emplois sont disponibles pour des migrants francophones en Ontario.

« Du côté de la francophonie, on sait qu'au niveau des métiers, il y a des besoins. Du côté de la suppléance, dans l'Est ontarien, les conseils scolaires nous disent qu'il y a un manque à ce niveau-là, donc, s'il y a des gens qui sont qualifiés, il y a certainement de bonnes possibilités d'emplois », a relaté Carol Jolin.

Des bureaux d'avocats augmentent leurs effectifs

Au centre-ville d'Ottawa, certains bureaux d'avocats spécialisés en immigration ont presque doublé leur personnel en un an. Aux bureaux de Gerami Law PC, on est passé de trois à cinq avocats pour répondre aux différentes requêtes légales des demandeurs d'asile.

« Au cours de la dernière année, il y a eu une combinaison de facteurs : l'arrivée de tous ces réfugiés syriens, mais aussi cet autre phénomène de gens qui traversent notre frontière illégalement. On est donc plus occupés et on a dû augmenter notre personnel pour traiter toutes les demandes », a expliqué l'avocate en immigration Arghavan Gerami.

Les défis juridiques pour ces demandeurs d'asile haïtiens seront grands, souligne Mme Gerami.

« S'ils ont été aux États-Unis pour une langue période sans demander l'asile à cet endroit, ils devront expliquer ce délai dans leur demande pour obtenir un statut de réfugié », a-t-elle dit, croyant que plusieurs désillusions sont à prévoir.

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