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Dépassement de coûts : la STO a sous-estimé le projet du Rapibus

La Société de Transport de l'Outaouais (STO) a « sous-estimé » la complexité du projet du Rapibus et « aurait dû planifier un échéancier et un budget plus réalistes », révèle un rapport indépendant déposé jeudi.

Le rapport mené par la firme Strategia Conseil est révélateur. Le retard de plus de deux ans est dû à l'adoption d'un échéancier inapproprié et d'une planification inadéquate.

Dès l'étape de l'avant-projet, « les informations disponibles étaient suffisantes pour remettre en cause l'échéancier [initial] de 40 mois », peut-on lire dans le rapport.

La STO aurait donc dû réviser son échéancier dès 2009 avec l'ajout de 17 mois dans l'étape de planification projet.

Un contrat à l'UPAC

Par ailleurs, la firme KPMG analyse les contrats émis dans le projet du Rapibus, à la demande de la STO. De plus, un contrat a été transmis à l'Unité permanente anticorruption (UPAC), selon le président le STO, Gilles Carpentier.

Des coûts indirects mal évalués

Le rapport de la firme externe révèle que le budget final du projet Rapibus s'est élevé à 239,1 millions de dollars, soit 33,3 millions de dollars de plus que la cible de 205,8 millions de dollars. 

Lors de l'étude de faisabilité réalisée en 2004, la cible budgétaire pour ce projet était de 150 millions de dollars, soit 89,1 millions de dollars de moins que le coût total.

Le trajet avait pourtant été réduit de près de 3 km.

Les coûts indirects (honoraires, terrains, emprise, frais de gestion) étaient originalement situés à près de 30 millions de dollars, ce qui représentait environ 13 % du projet. Un taux bien plus bas et sous-estimé « par rapport au taux utilisé dans la pratique générale (±30-40 % du projet) », révèle le rapport de la firme.

Manque d'expérience à la STO ?

La Société de transport rappelle que c'est la première fois qu'elle gérait un projet d'une aussi grande ampleur et qu'il y a eu plusieurs imprévus, comme une plus grande présence de sols contaminés et des ouvrages d'art imprévus.

L'examen indépendant du projet Rapibus souligne toutefois « l'inexpérience de l'organisation en gestion de grands projets » de la STO. Cette dernière aurait eu « avantage à intégrer à la structure de gouvernance les ressources appropriées », comme des comités ou des experts, afin d'« atténuer ses risques et assumer adéquatement l'imputabilité du projet ».

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin a salué l'exercice entrepris par la STO afin de déterminer les raisons des dépassements de coûts. Par voie de communiqué, il a dit qu'en « tirant des leçons du passé, nous éviterons des erreurs dans l'avenir ».

La firme externe a émis six recommandations qui conseillent entre autres à la STO de renforcer son expertise de gestion de projet, en plus d'avoir, à toutes les étapes, une « approche de gestion de risques ».

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