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Des abris à bateaux et des quais menacés au lac Meech

La Municipalité de Chelsea est au coeur d'un vaste processus : celui de faire respecter les règlements pour protéger la santé de ses lacs et cours d'eau. La Commission de la capitale nationale (CCN) a choisi de lui emboîter le pas, ce qui pourrait compliquer la tâche aux riverains et menacer des infrastructures privées du lac Meech.

Un texte de Catherine Lanthier

Le célèbre lac Meech est bordé par de nombreuses infrastructures riveraines appartenant aux résidents. Abris à bateaux, quais, escaliers… Ces installations leur permettent de profiter du lieu pittoresque où ils se sont établis.

Cependant, depuis 1981, toute construction y est interdite à moins de 15 mètres de la ligne naturelle des hautes eaux. D’autres restrictions se sont par la suite ajoutées, notamment l’interdiction depuis 2010 d’y construire un quai ou un abri à bateau.

Il y a quelques semaines, la Municipalité de Chelsea a fait parvenir une lettre à 48 propriétaires du lac Meech pour exiger que ceux-ci se conforment à la réglementation.

Toutefois, de nombreux résidents pourront faire valoir leurs droits acquis, avec une preuve à l’appui.

La Municipalité de Chelsea a déjà procédé à des inspections semblables sur les propriétés des lacs Kingsmere et Mountains, mais aucune irrégularité importante n’a été rapportée.

Les propriétés en bordure de la rivière Gatineau seront, elles aussi, inspectées.

Des résidents s’organisent

Les résidents Steve Gleddie et Joanne Hamilton sont parvenus à mettre la main sur des photographies aériennes datant des années 1960, archivées dans la Photothèque nationale de l’air de Ressources naturelles Canada.

Joanne Hamilton espère que la Municipalité va lui accorder un droit acquis pour un trottoir de ciment aménagé sur la bande riveraine.

Les frais liés à une démolition éventuelle devront être assumés par le propriétaire.

La CCN propriétaire du « fond du lac »

Dans le cas de Steve Gleddie, la tâche pourrait s’avérer plus complexe.

La Commission de la capitale nationale a saisi l’occasion pour participer au processus, puisqu’elle est propriétaire du lac et détentrice des droits de gestion, en vertu de l’entente de 1973 conclue avec le gouvernement du Québec.

La CCN est donc propriétaire de la rive à partir de la ligne naturelle des hautes eaux. Cela signifie que toute infrastructure - comme un abri à bateau, un quai ou des escaliers ancrés dans le littoral - se trouve sur son territoire.

Steve Gleddie possède sur son terrain ces trois types d’infrastructures. Il est encore incertain de leur sort.

En effet, contrairement à la Municipalité, il n’est pas possible pour les résidents riverains de revendiquer des droits acquis au gouvernement fédéral.

La CCN entend cependant être conciliante, en grevant, par exemple, la propriété de servitudes ou en exigeant que l’infrastructure problématique soit démolie seulement lorsqu’elle arrive en fin de vie.

De telles mesures seront toutefois temporaires.

« On veut qu’en fin de compte, les terrains de la CCN demeurent dans le respect des normes », ajoute la directrice des Terrains urbains du Québec et parc de la Gatineau, Christie Spence.

Des droits revendiqués après 40 ans

Pour sa part, Jean-Paul Murray, ardent défenseur du parc de la Gatineau, est très surpris que la CCN reconnaisse publiquement qu’elle est propriétaire du lac Meech et qu’elle revendique finalement ses droits, après plus de quarante ans.

De son côté, le député fédéral William Amos, qui représente les résidents du lac Meech, affirme que les citoyens qui ont communiqué avec lui veulent s’assurer qu’il y a une « juste application » des règles et que celle-ci ne soit pas précipitée.

« C’est toujours le cas quand il y a deux niveaux de gouvernement qui collaborent pour appliquer un changement d’approche pour assurer la protection écologique. Ça va susciter des enjeux », ajoute le député libéral de Pontiac.

M. Amos est persuadé que les trois parties en arriveront à une entente « amicale ».

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