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Des accusations contre un adolescent autiste arrêté dans une école de Cornwall

Le Service communautaire de la police de Cornwall confirme, mardi, avoir procédé à l'arrestation d'un jeune de 14 ans, le 10 novembre dernier, dans une école secondaire à la suite de présumés événements violents.

Selon les allégations, l'adolescent aurait tenté d'étrangler un membre du personnel de l'école. Il aurait ensuite agrippé un autre employé, en tentant de s'en prendre à lui à l'aide d'une agrafeuse.

L'adolescent, originaire de la ville de Glen Robertson, aurait aussi proféré la menace de faire exploser son école.

Des policiers ont été appelés sur les lieux, où ils ont mené une enquête.

L'adolescent aurait alors résisté à son arrestation en donnant des coups de pied, en mordant et en crachant sur des agents.

Selon la mère de l'accusé, le jeune homme, qu'on ne peut identifier en raison de son âge, est atteint d'autisme. La dame dit avoir tenté d'intervenir, en avertissant les policiers de l'état de son enfant et en leur disant qu'elle pouvait le calmer. Les policiers auraient refusé sa demande et lui auraient demander de s'éloigner de la scène. Elle déplore l'incompréhension des agents sur place.

C'est inhumain, comme mère, de ne pas m'avoir laissé approcher mon garçon, qui présentait un état de détresse énorme.

La mère de l'adolescent autiste arrêté

Un point de vue partagé par la présidente de la Société franco-ontarienne de l’autisme, Merdedes Rebodello-Leduc. Selon elle, les policiers ne semblaient pas savoir qu’ils avaient affaire à un jeune au comportement atypique.

Le jeune a mal compris sa situation et les policiers ont mal compris sa réaction.

Mercedes Rebodello-Leduc, présidente de la Société franco-ontarienne de l'autisme

Mme Rebodello-Leduc plaide pour une meilleure compréhension des besoins des enfants autistes, qui n’ont pas besoin d’être isolés, selon elle.

Du côté du Service de police communautaire de Cornwall, on défend la manière dont a été réalisée l’intervention.

Quand il y a une situation où il y a de la violence, il faut que tout le monde soit en sécurité. Dans ce cas-ci, les policiers ont déterminé que mettre le jeune en arrestation était la manière à privilégier.

Agent Daniel Cloutier, porte-parole du Service de police communautaire de Corwall

Réaction du conseil scolaire

Le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), dont fait partie l’école fréquentée par l’adolescent, explique que son personnel dispose de toute l’expertise nécessaire pour intervenir auprès des élèves atteints du spectre de l’autisme.

Selon Matthieu Vachon, surintendant de l’éducation au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, on trouve dans chaque école des enseignants ressources et des éducateurs spécialisés pour accompagner les élèves ayant des besoins particuliers, dont ceux qui sont atteints du spectre de l’autisme.

Ceux-ci seraient formés pour intervenir adéquatement en cas de crise.

Lors d’une crise, la première responsabilité du personnel est d’assurer la sécurité de tous les élèves. Ceux-ci sont formés de manière à intervenir de manière non violente.

Matthieu Vachon, surintendant de l'éducation, Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario

M. Vachon ajoute que la collaboration des parents est essentielle. « On cherche toujours à travailler en collaboration avec les parents et la communauté », explique-t-il. Il ajoute qu’un plan d’enseignement personnalisé est établi de concert avec les parents et que des ajustements peuvent être faits au besoin.

Huit accusations

L'adolescent fait maintenant face à deux chefs d'accusation de voie de fait, à deux chefs de voie de fait sur un agent de police, de résistance à une arrestation, d'agression armée, de menaces contre la propriété et de possession d'une arme dangereuse.

Les victimes ont subi des blessures mineures.

L'adolescent, qui a été relâché, doit comparaître le 8 décembre.

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