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Des anglophones de l’Outaouais veulent plus de services dans leur langue

Des regroupements anglophones de l'Outaouais, appuyés par la conseillère municipale du district d'Aylmer, Audrey Bureau, ont dénoncé le manque de services en anglais dans la région. Cette sortie est vertement critiqué par Impératif français.

Ces derniers ont fait valoir leur insatisfaction à la ministre des Relations avec les Québécois d’expression anglaise, Kathleen Weil, lors de son passage à Gatineau mercredi dernier. Mme Weil avait alors pris part à une rencontre organisée par la Commission scolaire Western Québec et la Regional Association of Western Quebecers.

« Il y a beaucoup de frustration chez certains anglophones qui se demandent pourquoi ils reçoivent autant de services en français et l’impact de ça sur leur capacité de participer à la vie démocratique », a affirmé Mme Bureau en entrevue avec CBC.

La conseillère d’Aylmer, qui souligne que 38 % des résidents de son district sont anglophones, a aussi fait valoir que les comités et les commissions de la Ville de Gatineau travaillent exclusivement en français, et que leurs prises de position ne sont affichées qu’en français.

« Le défi que j'ai, c'est que la Ville de Gatineau est soumise à la Loi 101. En terme de communications, faire parvenir des documents en anglais ou sous une forme bilingue, c'est tout un défi. Beaucoup de gens ne sont pas au courant », a raconté Mme Bureau.

Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, a vivement dénoncé les propos de la conseillère municipale. « C'est stupéfiant de voir qu'une nouvelle conseillère, fraîchement élue, propose une anglicisation par une bilinguisation de la Ville de Gatineau », a-t-il décrié. Dans un communiqué émis vendredi, le groupe encourage aussi la Ville de Gatineau à développer davantage des programmes d'apprentissage du français pour les résidents allophones et anglophones de la région.

Réalité frontalière

La rencontre de mercredi avait lieu au collège Heritage, le seul cégep anglophone de la région. Son directeur, Michael Randall, a fait valoir que certains étudiants anglophones en soins infirmiers peinent à trouver un emploi en raison de la qualité de leur français.

La ministre Weil a d’ailleurs reconnu cette préoccupation. « S’ils ne postulent pas au Québec parce qu’ils pensent que leur français n’est pas assez bon, ils vont traverser en Ontario », a-t-elle soutenu.

« Le gouvernement doit porter attention à ce genre de choses pour trouver des façons d’appuyer la communauté [anglophone] », a également fait valoir la ministre.

Avec les informations d'Estelle Côté-Sroka

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