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Des Autochtones ontariens lancent leur propre campagne pour financer une enquête publique

À défaut d'avoir l'appui du gouvernement fédéral, les Premières Nations ontariennes ont l'intention de tenir leur propre commission d'enquête publique sur la disparition et le meurtre des femmes autochtones. Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations, Isadore Day, a lancé mercredi la campagne Who Is She? (Qui est-elle?), dont l'objectif est de financer l'initiative et de susciter aussi une discussion pancanadienne.

Un texte d'Alex Boissonneault

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) rapporte que 1181 femmes autochtones ont été assassinées ou sont disparues entre 1980 et 2012. À ce chiffre, il faut ajouter les 32 homicides commis en 2013-2014 et 11 autres disparitions, selon un nouveau rapport de la GRC publié en juin. Ce dernier rapport exclut cependant les villes qui comptent leur propre service policier. La vaste majorité des victimes se trouvent dans les Prairies et en Colombie-Britannique, bien que l'Ontario n'ait pas été épargné.

Plusieurs organismes, dont l'Assemblée des Premières Nations, ont demandé au gouvernement fédéral de tenir une enquête publique sur la question, ce qu'Ottawa a refusé. Le gouvernement de Stephen Harper a rappelé que de nombreuses recherches ont déjà été réalisées sur le sujet et que des mesures ont été prises pour protéger davantage les femmes autochtones.

Les chefs des Premières Nations de l'Ontario se sont entendus il y un an déjà pour aller de l'avant avec leur propre enquête sans attendre de savoir si le gouvernement conservateur sera reporté au pouvoir. La campagne Who Is She? mise sur le financement participatif en ligne pour payer la note même si aucune somme précise n'a été établie comme objectif.

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a déjà témoigné son appui au projet du chef régional Day et n'écarte pas de lui accorder un appui financier, même si elle n'a « pas encore abordé la question avec lui ». Elle doit le rencontrer mercredi soir pour discuter de la campagne.

L'ancien premier ministre Paul Martin a lui aussi profité d'une rencontre à Toronto avec Kathleen Wynne pour saluer cette initiative. À son avis, il est déplorable que le gouvernement fédéral refuse d'assumer ses responsabilités dans de ce dossier.

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