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Des cas de violence à l'Hôpital d'Ottawa sous la loupe de l'Ontario

Le ministère ontarien du Travail enquête actuellement sur des cas de violence en milieu de travail survenus à l'Hôpital d'Ottawa.

Trois événements, qui se sont produits de janvier à mars 2016 à l'urgence psychiatrique du campus Civic, font l'objet de cet examen, selon les informations obtenues par CBC.

Ces récentes agressions ont d'ailleurs amené l'administration de l'établissement à renforcer la sécurité à l'urgence psychiatrique.

Selon Linda Haslam-Stroud, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, l'Hôpital vit des problèmes de violence depuis longtemps.

Au cours des cinq dernières années, la province a enquêté à 11 reprises à l'Hôpital d'Ottawa à la suite de plaintes ou d'incidents.

Deux infirmières et un gardien de sécurité agressés

La première attaque qui fait l'objet de l'enquête du ministère est survenue le 8 janvier dernier. Un gardien de sécurité s'est cassé la jambe alors qu'il tentait, avec l'aide d'un second gardien, d'escorter un patient agressif vers sa chambre, selon le rapport du ministère du Travail.

D'après le document, le patient avait été amené à l'urgence sous escorte policière la journée précédente. Il avait notamment arraché la lumière de nuit du plafond de sa chambre.

Le personnel n'était pas au courant des antécédents de violence de l'homme dans d'autres hôpitaux, révèle le rapport. L'un des gardiens qui est intervenu n'avait par ailleurs pas reçu de formation sur la politique de violence de l'Hôpital.

Le ministère a ordonné à l'établissement de consulter son personnel afin d'améliorer les programmes de formation et de revoir sa politique sur la violence à la suite de cet événement.

Le deuxième événement visé par l'enquête est survenu le 2 février. Deux infirmières ont été frappées à plusieurs reprises par un patient. L'une d'entre elles est tombée, se blessant au dos, avant que les gardiens de sécurité puissent reprendre le contrôle de la situation.

L'événement n'avait pas été rapporté au ministère.

Le troisième cas qui fait l'objet de l'examen est survenu le 17 mars et met en cause l'une des deux infirmières touchées par l'attaque de février.

L'employée a été agressée alors qu'elle intervenait pour aider un patient qui avait perdu l'équilibre. L'homme l'a frappée au visage, à l'épaule, à la tête et à la poitrine, selon un courriel interne obtenu par CBC.

Le rapport du ministère précise que quatre gardiens de sécurité ont dû intervenir pour immobiliser le patient à la suite de cette agression.

Un quatrième cas signalé le mois dernier

Par ailleurs, une quatrième attaque, qui est survenue après le début de l'enquête sur les trois agressions précédentes, s'est produite le 12 mai. Une infirmière s'est notamment fait casser le nez après avoir quitté son poste de travail afin de protéger un visiteur d'un patient connu pour ses antécédents violents.

Selon le syndicat, l'infirmière a été frappée trois à quatre fois, avant d'être plaquée au sol et frappée de nouveau à plusieurs reprises.

L'établissement a rapporté l'agression au ministère du Travail.

Le gouvernement pourrait faire mieux, selon le syndicat

La province ne fait enquête que lorsque des blessures sérieuses surviennent. Toutefois, selon les données compilées par trois syndicats, en un an, 50 plaintes liées à la violence en milieu de travail et au harcèlement ont été rapportées à l'Hôpital d'Ottawa.

Selon la présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario, certaines de ces attaques auraient pu être évitées si le ministère avait été plus assidu pour assurer la sécurité du personnel.

« On ne peut pas donner ordonnance après ordonnance sans faire le suivi et s'assurer que les choses s'améliorent pour les infirmières à l'Hôpital d'Ottawa [traduction libre] », estime Mme Haslam-Stroud.

La sécurité renforcée

De son côté, l'Hôpital d'Ottawa reconnaît qu'il doit faire mieux et a pris des mesures dans ce sens.

« Nous sommes très bons en matière de sécurité pour les patients, mais la sécurité du personnel n'a pas fait l'objet d'autant d'attention. Et je ne crois pas que notre hôpital soit différent des autres [traduction libre] », souligne Debra Bournes, vice-présidente des Programmes cliniques à l'Hôpital d'Ottawa.

L'établissement assure que la sécurité a été améliorée à l'urgence psychiatrique depuis les événements et qu'un gardien est en poste 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Des boutons de panique ont aussi été installés à des endroits plus faciles d'accès depuis le début de l'enquête.

D'après CBC

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