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Des centaines de non-ayants droit admis à l'école française

Plus de 500 élèves qui n'ont pas le droit d'emblée à l'éducation en français, selon la Charte canadienne des droits et libertés, ont été admis durant la dernière année dans des écoles du Conseil scolaire Viamonde dans le Sud de l'Ontario.

Un texte d'Annie Poulin

C'est ce qui ressort d'une compilation effectuée par Radio-Canada de données publiées depuis septembre dernier par le Conseil.

En Ontario, les personnes qui ne répondent pas aux critères de la Charte peuvent quand même soumettre une demande d'inscription dans une école française. Il revient ensuite au conseil scolaire, par l'entremise d'un comité d'admission, d'accepter ou non cette requête.

Les résultats des comités d'admission tenus par Viamonde montrent que 508 élèves ont été admis de cette manière du 1er juin 2017 au 10 avril 2018. Trois élèves ont été refusés. Les statistiques ne précisent pas l'âge des élèves en question.

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Les non-ayants droit

Les immigrants venant de pays francophones sont parmi ceux qui doivent passer par un comité d'admission, à moins d'avoir déjà obtenu leur citoyenneté canadienne.

D'après le Conseil Viamonde, c'est d'ailleurs eux qui constituent la majorité des exceptions. « Le profil typique, c'est une famille qui arrive de France », explique la porte-parole Claire Francoeur.

Elle ajoute que les comités d'admission sont seulement pour les familles pour lesquelles à la fois les parents et les enfants parlent français, mais qui n'ont pas droit à l'éducation en français aux termes de la loi.

Selon elle, s'il y a peu de refus, c'est parce que les directions d'école n'acceptent pas de recevoir en comité d'admission les familles qui ne maîtrisent pas le français.

Le Conseil scolaire Viamonde compte environ 12 000 élèves de la maternelle à la 12e année. Mme Francoeur n'était pas en mesure de dire si la dernière année était typique au chapitre de l'admission des non-ayants droit.

Un ancien conseiller scolaire s'oppose

L'ancien conseiller scolaire Basile Dorion de la région de Penetanguishene sur les rives de la baie Georgienne croit qu'il y a trop d'anglophones dans les écoles françaises. Il craint que celles-ci ne deviennent des écoles d'immersion.

Les récentes données sur les comités d'admission l'inquiètent.

Basile Dorion reproche aux conseils scolaires franco-ontariens de vouloir recruter le plus grand nombre d'élèves possibles pour obtenir plus de financement provincial, même si ça peut nuire à la qualité de l'éducation.

« J'aime mieux avoir moins d'écoles et qu'elles soient plus francophones », s'exclame-t-il.

Une communauté ouverte

L'ancien élève Michael Aquilino croit, au contraire, que les écoles françaises doivent ouvrir leurs portes aux non-ayants droit pour que la communauté franco-ontarienne puisse « s'épanouir ».

  • D'origine italienne, M. Aquilino est lui-même un élève qui n'avait pas le droit à l'éducation en français. Durant sa petite enfance, il ne parlait que l'anglais et l'italien.
  • Il a quand même été admis à l'École élémentaire catholique Notre-Dame-de-la-Jeunesse, à Ajax, dans les années 1980.
  • Aujourd'hui, il s'exprime très bien en français et dit s'identifier à la communauté franco-ontarienne.

Pas de commentaire des autres conseils scolaires

Radio-Canada a tenté d'obtenir les résultats des comités d'admission des conseils scolaires catholiques MonAvenir et Providence du Sud de l'Ontario, mais sans succès.

Les résultats des comités d'admission sont compilés par ces deux conseils. Toutefois, ni MonAvenir ni Providence ne publient ces données sur leur site Internet, contrairement à Viamonde.

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