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Des conditions de détention déplorables à la prison d'Ottawa-Carleton

Cellules surpeuplées, nourriture infecte, manque chronique de personnel carcéral. Le portrait brossé du centre de détention d'Ottawa-Carleton par le professeur Aaron Doyle de l'Université Carleton est accablant.

Dans son rapport déposé en mars, mais seulement rendu public vendredi dernier, le professeur de criminologie décrit en détails les lacunes observées à la prison.

« On voit systématiquement des détenus dormir au sol près des toilettes par manque d'espace dans les cellules », explique Aaron Doyle qui a rencontré des dizaines de détenus actuels et anciens, ainsi que leurs familles, depuis des années.

La surpopulation crée de la frustration et beaucoup de violence. Cette poudrière, jumelée au manque d'agents correctionnels, entraînerait régulièrement des bouclages et le confinement en cellule des détenus pendant parfois des jours.

Ces bouclages, 79 en 2015 soit deux fois plus que l'année précédente, ont aussi privé les détenus de la visite de leurs proches, expliquait au printemps dernier Jacques Gobin, parent d'un ex-détenu.

« La dame qui prend les réservations pour les visites, elle est très gentille, mais elle nous dit qu'elle s'excuse pour l'annulation faute de personnel », racontait-il lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

Problèmes de santé mentale

Il n'y a pas que les familles pour déplorer les conditions de détention de l'établissement d'Ottawa-Carleton.

Des intervenants en santé mentale décrient le bilan peu reluisant de la prison alors que près du quart des détenus ont un problème de santé mentale.

Faute de soins suffisants selon le rapport du professeur Doyle, les détenus aux prises avec de tels problèmes sont confinés et isolés, de quoi empirer leur condition.

La nourriture serait également de piètre qualité.

« La qualité est très mauvaise avec de la nourriture souvent périmée et impropre à la consommation », peut-on lire dans le rapport.

De son côté le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario, Yasir Naqvi, dit avoir lu le rapport et indique être à la recherche de façons pour que des gens à la santé mentale fragile ne soient pas admis en prison.

Si des solutions à long terme, comme la prévention et un meilleur soutien communautaire, existent, le professeur Doyle conclut qu'il en va d'une question de financement.

« À court terme le ministère doit débloquer davantage d'argent pur engager plus de personnel dans ce centre de détention », affirme-t-il.

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