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Des défectuosités d'autobus 50 % plus nombreuses pendant le conflit de travail à la STO

Radio-Canada a appris que le nombre de défectuosités signalées par les syndiqués pendant la grève du zèle des employés de la Société de transport de l'Outaouais (STO) était environ 50 % plus élevé qu'à l'habitude.

Un texte d'Estelle Côté-Sroka, avec la collaboration de Jérémie Bergeron

Pendant le premier mois des moyens de pression, 2506 défectuosités ont été signalées, indiquent des données obtenues en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics.

Comparativement à l'an dernier, il s'agit d'une augmentation de 63 % pour le mois de janvier, de 48 % pour février et de 44 % pour mars, selon la STO.

La nature des défaillances est très variée. Réparer le système d'essuie-glace, le siège du chauffeur ou encore nettoyer l'intérieur du véhicule font partie des problèmes soulignés à des dizaines de reprises du 20 janvier au 20 février derniers.

« Il faut comprendre que c'est une recherche active d'éléments qui ne sont pas optimaux et simplement dans le but de ralentir les activités et éventuellement contrarier l'employeur », indique le professeur en relations industrielles Jean-François Tremblay, de l'Université du Québec en Outaouais (UQO).

Les problèmes récurrents

La réclamation la plus courante pendant le premier mois de grève du zèle était de réparer un accessoire, comme un pare-soleil ou un système de lave-vitre.

La réparation de problèmes soulignés par une lumière du tableau de bord et les dépannages routiers nécessitant l'intervention d'un mécanicien sur la route étaient aussi rapportés fréquemment.

Tolérance moins élevée des employés

Ces données confirment que la tolérance des employés est généralement moins élevée pendant une grève du zèle, selon M. Tremblay.

« Dans la vraie vie, les autobus ne sont pas tous dans une situation optimale », souligne-t-il.

Ces données peuvent difficilement être comparées à d'autres grèves du zèle, puisqu'elles sont interdites dans la plupart des juridictions au Canada.

M. Tremblay souligne que ces défectuosités peuvent aussi être un couteau à deux tranchants.

« On pourrait aussi revirer le problème à l'envers. S'il y a autant de défectuosités, est-ce qu'on pourrait aussi remettre en question aussi le travail et la compétence des mécaniciens et employés de l'entretien, alors certainement qu'ils ne voudraient pas se faire remettre aussi devant des faits comme ceux-là », affirme-t-il. « Alors, oui, il y a un jeu qui se crée dans les circonstances et c'est de bonne guerre. »

La STO et le Syndicat uni du transport refusent de commenter ces données, invoquant la trêve décrétée la semaine dernière.

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