La lecture est pour plusieurs le meilleur moyen d'apprendre à travers les mots, de voyager ou même d'éveiller leur imagination. Pour Carol Finlay, ministre du Culte anglican de Kingston en Ontario, lire peut avoir un tout autre effet bénéfique : aider les détenus à réintégrer plus facilement la société.

Un texte de Joël Fitzgerald pour 100% local

Alors que le Salon du livre de l'Outaouais bat son plein, toutes les raisons sont bonnes pour se rassembler autour d’une oeuvre et d'en discuter. Bien qu’on lise généralement dans le confort de son salon, pour certains, plonger dans un livre est la seule façon de s’évader alors qu’ils sont derrière les barreaux.

Dans l’optique de permettre aux détenus de prisons fédérales d’en apprendre davantage sur le monde qu’ils devront sous peu réintégrer, Carol Finlay a créé le club de lecture « Book club for inmates ».

Le projet de Mme Finlay a germé lors d’une tournée de visites des divers pénitenciers fédéraux, où elle a remarqué que certains détenus avaient un regard éteint, qu’ils semblaient malheureux et sous stimulés, voire déprimés. En discutant avec un petit groupe de prisonniers, elle leur a proposé l’idée de créer un club de lecture. L’idée a fait l’unanimité.

C’est ainsi que le premier club de lecture a vu le jour en 2009 à Collins Bay, un établissement à sécurité moyenne situé à Kingston, en Ontario.

Disponibles aujourd’hui dans une trentaine de prisons fédérales, en français et en anglais, les clubs de lecture sont animés et organisés par près de 80 bénévoles. Deux fois par mois, des centaines de détenus discutent ensemble des oeuvres proposées par les bénévoles. Lors de ces rencontres, la conversation porte essentiellement sur des thèmes tels que l’identité, l’adversité, le pardon et la résilience.

Parmi les oeuvres, on retrouve des classiques, tels que 1984 de George Orwell (1949) et Le liseur de Bernhard Shlink (The Reader, 1995). Le favori des membres est l’ouvrage de Thomas King : La femme tombée du ciel (The Back of the Turtle, 2014).

« Les clubs de lecture aident les détenus à développer des compétences sociales, telles que l'écoute et le respect », explique Mme Finlay, qui constate la joie dans leurs yeux.

L’objectif de l’organisme est de développer des clubs de lecture dans tous les établissements de détention au Canada.

Pour Claire Finlay, jamais la plume des auteurs n’aura permis aux détenus de faire des changements de vie aussi significatifs, et une fois libérés, de réintégrer avec plus de succès la communauté.

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