Après les infirmières, des enseignants disent maintenant être à bout de souffle. Certaines données indiquent même que les trois quarts des nouveaux enseignants ayant un statut précaire songent à quitter la profession. Portrait d'un autre type de décrochage scolaire.

Ce taux est tiré d’un rapport rédigé par le Comité d’orientation de la formation du personnel enseignant. Selon ce même rapport, environ 15 % des enseignants quittent le domaine durant leurs cinq premières années de pratique.

Andrew Thivierge est l’un de ces nombreux professeurs décrocheurs. Après deux ans passés dans les salles de classe, il a été vaincu par le manque de ressources spécialisées pour les élèves avec de troubles d’apprentissage et l’augmentation du nombre d’élèves sous sa responsabilité.

Stéphanie Demers, professeure au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec en Outaouais, est d’avis que la pression vécue par les enseignants s’apparente à la situation des infirmières québécoises.

« [Les professeurs] sont confrontés à des attentes quant à la rentabilité et la performativité du système qui sont complètement en décalage avec ce que devrait être l’éducation, comme les gens de la santé sont encore confrontés avec des attentes qui sont en décalage avec l’idée de prendre soin des gens », constate-t-elle.

Ajout de ressources et mécontentement

Devant la situation, le ministère de l’Éducation fait valoir qu’il prévoit ajouter 1535 ressources en éducation partout dans la province, dont près d’une centaine dans les commissions scolaires de l’Outaouais.

« La valorisation et la mobilisation qu’on fait autour de l’éducation, ça va finir par payer. On passe de “il n’y avait pas de ressources” à “aujourd’hui, il y a des ressources, mais il manque de monde pour les occuper”. Mais plus on va valoriser, plus de gens vont venir travailler », a tenu à souligner le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, lors d’une mêlée de presse.

Malgré ces ressources supplémentaires, le mécontentement est toujours bien présent chez un bon nombre d’enseignants. La Fédération autonome de l’enseignement a mené une consultation auprès de ses membres à l’issue de laquelle 86 % des répondants ont affirmé ne pas avoir confiance en Sébastien Proulx.

Avec les informations de Claudine Richard

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