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Des étudiants en détresse attendraient trop longtemps à l'Université d'Ottawa

Les étudiants de l'Université d'Ottawa attendent trop longtemps avant de pouvoir consulter un spécialiste de la santé mentale, dénonce la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ). L'accès à un spécialiste, par exemple, peut prendre jusqu'à six mois au Service de santé de l'Université d'Ottawa, aux dires de la FCÉÉ.

Un texte de Jérémie Bergeron

Une porte-parole de l'organisme pour la région d'Ottawa, Lindsey Thompson, a eu une mauvaise surprise cette année lorsqu'elle a voulu consulter pour une dépression. La demande ayant été faite auprès du Service de santé de l'Université en septembre, la jeune dame n'a pu obtenir un rendez-vous qu'en mars dernier, près de six mois plus tard.

Mademoiselle Thompson demande maintenant à l'Université d'Ottawa de changer la donne pour obtenir des services spécialisés plus facilement.

« Je pense que c'est important parce que les étudiants diplômés et de premier cycle font face à beaucoup de stress qui sont directement liés à avec leur éducation », raconte-t-elle.

« En plus de ça, avoir accès à des services de santé mentale dans la communauté peut coûter très cher alors si on peut avoir les services sur le campus, on peut avoir des services pour moins chers. »

Sur le campus de l'université, les services sont divisés en deux branches. Le Service d'appui au succès scolaire (SASS) s'occupe du counseling et des ateliers de méditation ou de réduction du stress, par exemple. Le SASS est exclusivement offert aux étudiants. L'attente y est d'environ 24 h, selon son directeur, Murray Sang.

Cependant, pour des services plus spécialisés, les étudiants doivent se tourner vers le système de santé publique, ou auprès du Service de santé de l'Université d'Ottawa, qui est géré indépendamment de l'institution. La priorité est aux étudiants, mais la population générale peut également se diriger vers cette clinique. C'est là que les délais seraient trop longs.

Le recteur de l'Université d'Ottawa, Allan Rock, admet qu'il peut parfois être long avant d'obtenir un rendez-vous, mais « entretemps, on a des moyens de soutenir des individus », explique-t-il.

Allan Rock sait de quoi il parle, puisqu'il a lui-même souffert d'une dépression lors de ses études universitaires. À l'époque, aucun appui n'était disponible sur le campus.

« Je suis allé chercher moi-même des services des professionnels à l'extérieur du campus, ce qui n'est pas acceptable. » Une diversité de services est maintenant offerte sur le campus, en collaboration avec les hôpitaux, rappelle le recteur de l'Université.

« Problèmes plus complexes »

« Le problème c'est que nous avons des étudiants avec des problèmes plus complexes et qu'ils ont besoin de médicament ou de psychothérapie et c'est là qu'ils doivent entrer dans l'autre système », dénonce Monsieur Sang.

La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants fait le même constat que le SASS. D'ailleurs, preuve que le problème est réel selon cette organisation, les médicaments les plus remboursés par l'assurance médicament collective de la FCÉÉ auprès des étudiants diplômés servent à réduire les symptômes de dépression ou de stress.

Pour corriger le tir, Lindsey Thompson suggère à l'Université d'investir massivement dans des services spécialisés. « Je pense que l'Université doit chercher plus de fonds de leurs budgets pour les mettre pour les services de santé mentale spécifiquement pour les étudiants sur le campus. »

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