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Des étudiants en grève d'une journée à l'UQO

Des étudiants de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) ont profité vendredi de la Journée internationale des stagiaires pour revendiquer la rémunération des stages.

Les membres de l'Association étudiante du module d'éducation de l'UQO (AEME) de l'UQO ont abandonné leurs salles de classe et leurs cours pour la journée dans l'espoir de sensibiliser l'opinion publique aux conditions de travail des stagiaires. Ils étaient environ 15 000 étudiants à travers le Québec à le faire en même temps.

Les manifestants soutiennent qu'ils font le travail d'un enseignant pendant de longues périodes sans toucher un cent.

Élisabeth Gauthier est étudiante en troisième année du programme d'enseignement du français au niveau secondaire. Elle explique qu'au cours des quatre années de son programme, elle doit faire des stages non rémunérés qui sont de plus en plus longs et de plus en plus complexes.

« Mon premier stage, c'était vraiment un stage d'observation, c'était trois semaines et je n'avais pas de prise en charge encore », a expliqué Mme Gauthier. « Le 2e stage de cinq semaines, j'ai appris à faire des leçons, donc un contenu didactique, et là je suis rendue au troisième stage, de six semaines ».

En quatrième année, les stages durent 10 semaines.

Les étudiantes soutiennent que la plupart des stages non rémunérés sont dans des domaines « majoritairement et historiquement féminins », comme l'éducation, le travail social, les sciences infirmières et la documentation.

Ce qui fait dire à Jessica Pinard, étudiante de première année en enseignement préscolaire et primaire, que cette revendication, « ce n’est pas vraiment une cause juste pour l'argent ».

Pour Andréanne Morin, également étudiante en troisième année d'enseignement du français au secondaire, c'est une question de reconnaissance. « Qu'on soit reconnu pour ce que l'on fait, parce que l'on travaille très fort », dit-elle.

Selon l'AEME, les étudiantes en éducation doivent réaliser plus de 700 heures de stages non rémunérés dans le cadre de leur programme d'étude.

L'organisme affirme aussi que ces stages non rémunérés empêchent « des populations déjà vulnérables telles que les parents-étudiants, les immigrants dont les diplômes ne sont pas reconnus, les adultes qui retournent aux études et les personnes issues de milieux socioéconomiques appauvris », d'étudier dans ces domaines.

Avec les informations du journaliste Antoine Trépanier

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