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Des Gatinois racontent comment ils vivent le passage de l'ouragan Irma

Alors que des Canadiens font tout leur possible pour fuir les pays qui vont être ou qui ont été touchés par l'ouragan Irma, certains Québécois font le chemin inverse et sont allés en Floride pour protéger leur propriété.

Un texte d'Agnès Chapsal et Angie Bonenfant

Bon nombre de Québécois ont acheté leur billet d'avion quand il était encore possible d'atteindre le sud de l'état américain.

(Suivez l'ouragan presque en temps réel)

Prendre le chemin de la Floride, malgré Irma

Claude Bégin, directeur général d'Aztec, un parc motorisé en Floride, a des clients québécois et américains qui avaient entreposé des véhicules motorisés de classe A.

Plusieurs ont pris la décision de revenir en Floride afin de protéger leurs biens, a-t-il expliqué vendredi. « Juste hier, j'ai eu deux ou trois appels de monde du Québec qui veulent prendre l'avion pour partir avec leur machine », a dit M. Bégin.

Martin Bouffard, qui travaille au service à la clientèle, est pour sa part demeuré sur les lieux pour donner un dernier coup de main aux clients venus récupérer leur véhicule. « Ma fille pense que je suis un héros, ma femme trouve que c'est ridicule que je sois resté ici pour le travail et ma mère n'en dort pas la nuit », a-t-il affirmé sur les ondes de l'émission Sur le vif.

Même si on lui a assuré qu'il demeurerait dans un bâtiment à l'épreuve des ouragans, il est très inquiet. « Physiquement, j'ai tout l'équipement dont j'ai besoin, mais mentalement... », a-t-il laissé entendre. « Ça me fait penser à l'histoire des trois petits cochons. Il y a la maison de paille et la maison de bois, mais le loup, c'est Irma, et elle n'est pas contente! »

M. Bouffard croit que l'essentiel de la tempête devrait durer entre sept et dix heures. Il compte demeurer tranquille et attendre que l'ouragan passe son chemin.

Pas de répit pour les Snowbirds

Suzanne Trudel, résidente de Gatineau et propriétaire d'un logement en Floride, a très hâte de retourner là-bas une fois que l'ouragan sera passé pour voir l'état de son habitation. Mme Trudel n'a pas d'assurance pour protéger son logement en Floride contre les ouragans.

« On est assurés, mais pas pour les ouragans », a précisé Mme Trudel. « La plupart des Québécois que je connais ne sont pas assurés pour les ouragans, c'est beaucoup trop dispendieux. »

Jeanne-Mance Collard, propriétaire d'une maison mobile à Margate depuis 2009, est sur un pied d'alerte. Elle surveille de près la trajectoire d'Irma et espère que l'ouragan épargne sa résidence secondaire.

« On est inquiets. On ne sait pas si on va toujours avoir une maison, après dimanche », a-t-elle avoué. « On est dans l'attente. Après, on verra. S'il y a quelque chose à faire après, on ira voir. On n'a jamais vécu une tornade et celle-là est catastrophique. »

Le propriétaire du motel Richard se prépare à l'arrivée d'Irma

Le motel Richard, à Hollywood, près de Fort Lauderdale, est bien connu des Québécois. Cet établissement accueille des centaines de « Snowbirds » chaque année, depuis le début des années 1990.

Presque toujours achalandé, l'hôtel est, depuis l'annonce de l'ouragan Irma, à moitié vide. Quelques irréductibles demeurent sur place et ont l'intention d'affronter Irma barricadés dans leur logement. Le propriétaire, Richard Clavet, aurait préféré qu'ils quittent les lieux, mais respecte leur désir de ne pas bouger.

« Moi, mon intention, c'est que si ça devient trop catastrophique - et la situation est en train de devenir très catastrophique - c'est de leur demander de partir vers des abris », a-t-il déclaré. « Mais aux nouvelles, on entend que ces abris sont remplis à pleine capacité. Ça me met dans une drôle de position et ce n'est peut-être pas la chose la plus sage de leur demander de quitter. »

S'il avait pu, il serait lui-même parti avec ses proches qui ont pris la route pour trouver refuge vers le nord.

« Malheureusement, j'ai beaucoup de propriétés, beaucoup de monde qui dépendent de moi, des employés qui viennent ici pour se réfugier et j'ai des clients sur place », a-t-il expliqué. « J'ai l'impression que je suis comme dans un bateau, c'est le capitaine qui devrait partir en dernier. Je vais rester ici tant et aussi longtemps qu'il y a du monde qui va être ici. »

Richard Clavet n'en est pas à son premier ouragan. En 1992, il avait dû faire face à l'ouragan Andrew.

Course folle pour échapper à Irma

Après avoir installé des mécanismes d'obturation sur leur maison, le conjoint de Nathalie Vallières, propriétaire d'une maison à Fort Myers en Floride, et son beau-père ont pris la route vers la Géorgie.

Toutefois, ils n'ont pas été les seuls à vouloir quitter les lieux. Les nombreuses évacuations obligatoires ont créé une congestion monstre.

En raison d'une condition médicale, le beau-père de Nathalie Vallières, âgé de 80 ans, ne peut pas faire plus de deux ou trois heures de route à la fois. Son conjoint et son beau-père ont donc décidé de s'installer dans un hôtel au nord de Tampa Bay et d'attendre le passage de l'ouragan.

Nathalie Vallières vit des moments d'angoisse, mais demeure optimiste face à la situation, puisque l'hôtel est bien équipé selon elle pour faire face à ce genre de catastrophe.

Grandes inquiétudes pour un restaurateur

Originaire de Gatineau, Jean-François Beaulne est propriétaire d'un restaurant à Puerto Plata, en République dominicaine. Il raconte comment il a vécu le passage de l'ouragan Irma.

« Ça a commencé fort hier [jeudi] vers midi », a-t-il raconté en entrevue à l'émission Les Matins d'ici. « On est allé voir, parce qu'on a tout le temps peur, s'il y a du verre de brisé, qu'on se fasse piller dans nos commerces ».

M. Beaulne a pris beaucoup de précautions pour protéger son restaurant en bord de mer.

« On avait très peur qu'il y ait des projectiles qui brisent le verre », a-t-il dit. « On a placardé les fenêtres. On a coupé l'eau et l'électricité. »

Il a aussi fait des réserves pour trois jours dans sa maison, anticipant que les dommages empêcheraient l'approvisionnement des magasins.

Après le passage de l'ouragan, il décrit la ville de Puerto Plata comme « une jungle ». « Il y a des arbres partout. Le stade de baseball de Puerto Plata, les lumières sont toutes tombées. Il y a plusieurs chaînes de radio qui ont perdu leur antenne », a-t-il précisé.

Avec les informations de Claudine Richard et d'Estelle Côté-Skoka

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