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Des groupes autochtones réclament du changement à l'approche de la fête du Canada

Des groupes autochtones qui ont érigé un tipi sur la colline du Parlement en marge des célébrations de la fête du Canada dénoncent la « pathologie de l'assimilation, de la colonisation et du colonialisme au pays ».

Jocelyn Wabano-Iahtail, membre du groupe de défense pour les droits des Autochtones Wabi Village a Community of Hearts, a déclaré l'état d'urgence lors d'une conférence de presse tenue à Ottawa, jeudi matin. Les peuples autochtones, a-t-elle soutenu, « ont été tués pendant des siècles ».

Le processus de réconciliation entrepris dans le cadre de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) ne considère pas assez sérieusement les enseignements et les façons de vivre des Autochtones, a-t-elle dénoncé.

« Reconnaissez-moi comme un être humain, parce que c'est un problème fondamental, une situation de crise à laquelle nous faisons face ici, sur l'île de la Tortue. Les colonisateurs ne nous ont pas vus comme humains. Ce que vous considérez comme acquis, nous continuons de combattre pour ces droits », a déclaré Mme Wabano-Iahtail.

La commission d'enquête est discriminatoire, a-t-elle dit.

Une doyenne de la Première Nation de Moose Cree, identifiée comme Sophie, a rappelé que tous les citoyens ont « le droit d'être reconnus et entendus en toute loyauté et bonne foi et de se sentir en sécurité ».

Elle a raconté que les manifestants, mercredi soir, ont été accueillis dans un climat hostile quand ils ont tenté d'ériger leur tipi.

« Le tipi est notre mère. Nous avons emmené le tipi pour aider les protecteurs de l'eau pendant qu'ils font leur jeûne. Nous ne sommes pas des gens violents. Nous ne croyons pas à la violence, comme nous avons été témoins hier. C'est de la même façon qu'ont été traités nos ancêtres, comme nous l'avons été, hier, par la GRC », a-t-elle dénoncé.

« Le Canada a laissé tomber les peuples autochtones »

En conférence de presse à Charlottetown, le premier ministre Justin Trudeau a réagi à la cérémonie du tipi. Il a dit qu'il était important de célébrer le 150e du Canada en « réfléchissant sur l'expérience » et de « prendre en considération les histoires et les expériences des Autochtones ».

« Nous reconnaissons qu'au cours des dernières décennies, des dernières générations et même des derniers siècles, le Canada a laissé tomber les peuples autochtones. Nous n'avons pas bâti un présent ou un avenir [idéal] pour les Premières Nations, les Inuits, les Métis partout au pays. Nous devons faire mieux, écouter leurs histoires et bâtir un partenariat pour l'avenir », a affirmé, en anglais, le premier ministre Justin Trudeau.

M. Trudeau avoue ne pas avoir tous les détails en main sur ce qui s'est passé sur la colline, mais il espère que l'on traitera les gens de façon respectueuse. Il assure que les fêtes de Canada 150 refléteront la diversité canadienne dans son ensemble.

Dans un courriel, la porte-parole des agents de sécurité du Parlement, Mélissa Rusk, assure que tous les efforts sont faits pour maintenir une collaboration et un dialogue ouvert avec les organisateurs de l'occupation du Parlement.

Le député néo-démocrate Roméo Saganash, qui est issu d'une communauté crie du Québec, a réagi sur Twitter en se demandant pourquoi « l'installation d'un tipi sur une terre non cédée » asoulevé un tel tollé.

L'Assemblée des Premières Nations (APN) n'est pas à l'origine de l'initiative. Cette dernière est l'oeuvre du groupe Bawating Water Protectors, composé principalement de jeunes Autochtones.

Le but était de jeûner dans un tipi pendant quelques jours. Les instigateurs croient qu'ils auraient été confrontés à des figures d'opposition même s'ils étaient passés par les canaux officiels.

Or, l'APN salue l'initiative des manifestants, dont certains sont venus d'aussi loin que Sault-Sainte-Marie, en Ontario.

« Nous saluons le leadership des jeunes qui sont une fois de plus au devant. Ils nous montrent la voie et ils implorent tous les Canadiens d'écouter leur message et de considérer la signification de la fête du Canada 150 dans une perspective différente », a fait savoir, par voie de communiqué, le grand chef Joel Abram de la Première Nation d'Oneida.

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