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Des logements permanents pour lutter contre l'itinérance à Ottawa?

Près de 150 chercheurs, politiciens et représentants de groupes sociaux se sont réunis à Ottawa, mardi, lors d'un colloque sur la prévention de l'itinérance. L'événement se voulait une réponse au controversé projet de déménagement de l'Armée du Salut dans le secteur de Vanier.

« On est là pour soumettre des idées et amener des solutions à l'Armée du Salut et à l'ensemble de la communauté et à l'ensemble de la ville et le symposium s'illustre de ce côté-là », a d'emblée reconnu le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, opposé au déménagement de l'Armée du Salut.

L'approche « logement d'abord » présentée lors du symposium vise à suivre le modèle européen en procurant un logement permanent aux itinérants, contrairement aux villes canadiennes qui leur offrent plutôt un soutien et un logement temporaires.

« C'est une approche qui, actuellement, fait le tour du monde », a assuré Tim Aubry, professeur à l'École de psychologie de l'Université d'Ottawa, en entrevue à Radio-Canada.

Il s'agit donc « de sortir les gens de la rue très rapidement en leur fournissant un supplément de loyer et un soutien intensif et leur donner le choix en termes de logement », a détaillé le professeur.

Cette approche ne cadre pas avec le déménagement de l'Armée du Salut dans le quartier Vanier, selon le conseiller Fleury.

« Nous, on revendique que le modèle des refuges est archaïque et dépassé, puis que simplement bâtir un nouveau refuge réplique le même type d'enjeu que l'on retrouve présentement sur la rue Georges [dans le marché By] », a-t-il souligné.

De l'importance de la prévention

La porte-parole du NPD en matière de logement et députée de Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, estime que résoudre les problèmes d'itinérance ne passe pas seulement par le logement, mais aussi par la prévention.

« Ça prend du financement pour tout ce qui est prévention. On ne peut pas juste guérir les bobos quand les gens sont dans la rue, il faut aussi prévenir les bobos », a-t-elle expliqué.

Pour Mme Boutin-Sweet, il faut aussi construire davantage de logements sociaux. Ancienne itinérante, Line Lalonde dresse un constat similaire.

« C'est absolument nécessaire d'avoir un lieu. Ça coûte très cher de te remettre sur tes pieds [...] que ce soit pour les premières épiceries, toutes ces choses que l'on tient pour acquises. Il y a tellement de petites choses qui sont nécessaires pour se remettre sur ses pieds », a raconté Mme Lalonde, qui a eu du mal à retrouver une vie stable en arrivant à Ottawa, après avoir fui un conjoint abusif aux États-Unis.

Avec les informations de Gilles Taillon

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