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Des manifestants dénoncent à Ottawa la violence contre les Rohingyas du Myanmar

Des centaines de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade du Myanmar à Ottawa, dimanche après-midi, pour montrer leur solidarité avec les musulmans rohingyas, fuyant la persécution dans leur pays d’origine.

Les manifestants ont été bruyants pendant plusieurs heures sur la promenade Island Park. Les protestataires ont voulu mettre en garde contre un génocide potentiel dans leur pays, mais ils ont aussi fortement critiqué la chef du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi, lauréate d’un prix Nobel, pour son silence face à la répression qui s’abat contre la minorité musulmane.

« Je veux que le gouvernement canadien et M. Trudeau fassent une déclaration assez claire qui dit que ce n’est pas acceptable et qu’il faut qu’on arrête ça », a déclaré Raees Ahmed, un Rohingya qui a de la famille coincée au Myanmar (ex-Birmanie).

Les manifestants ont traité Aung San Suu Kyi de « criminelle ». Les manifestants ont également demandé au gouvernement canadien de lui retirer sa citoyenneté canadienne. Elle a pourtant été une figure internationale pour la démocratie, s'opposant de façon non violente à la dictature militaire du pays. Pendant de nombreuse année, elle a été détenue dans sa résidence.

M. Ahmed dit qu’il s’agit de la responsabilité de tous de s’engager pour prévenir une tragédie.

Dimanche, Amnistie internationale a rapporté que deux personnes qui fuyaient la violence dans l’État de Rakhine ont été blessées par des mines antipersonnel. L’armée du Myanmar fait partie des quelques armées à utiliser ce dispositif, même s’il a été interdit par un traité international en 1997.

La manifestation a été organisée alors qu’environ 300 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh, afin d’échapper à la répression violente des militaires du Myanmar, qui bafoue les droits de la minorité musulmane.

Plusieurs Rohingyas habitent le Myanmar depuis plusieurs générations, mais sont maintenant considérés comme des citoyens illégaux, puisqu’on a retiré leur droit à la citoyenneté en 1982.

Des manifestants viennent de loin

Des manifestants ont fait plusieurs kilomètres de route pour assister à l’événement.

Zain Phyo a fait partie d’un contingent en provenance de Kitchener. La municipalité ontarienne abrite une petite diaspora de Rohingyas au Canada. Mme Phyo, qui a immigré au Canada il y a deux ans, se dit inquiète pour la sécurité de sa tante qui est toujours au Myanmar.

« Elle a perdu sa maison et des biens. Elle a été brûlée par les militaires et d’autres groupes bouddhistes. Elle s’enfuit avec sa famille. Elle ne sait pas si elle sera en vie demain. Nous sommes très inquiets », a-t-elle dit.

Amida Sadek s’est déplacée de Montréal pour participer à l’événement. Même si elle n’a pas de descendance rohingya, elle a trouvé important de dénoncer ce qui se passe au Myanmar au nom de la communauté musulmane canadienne.

« Nous sommes une minorité ici au Canada. Je pense que si quelque chose nous arrivait au Canada, j’aimerais ça que les musulmans d’ailleurs soient là pour nous », a-t-elle dit.

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