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Des messages textes au coeur du procès de deux anciens Gee-Gees

Des dizaines de pages de messages textes échangés entre la présumée victime et le premier témoin au procès pour agression sexuelle de deux anciens joueurs de hockey des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa ont été récupérées mercredi après-midi à Thunder Bay.

Un texte d'Antoine Trépanier

Il s'agit du troisième jour du procès de Guillaume Donovan, 27 ans, de Gatineau, et de David Foucher, 28 ans, de Waterville en Estrie. Ils doivent répondre chacun à un chef d'agression sexuelle à l'endroit d'une jeune femme de 21 ans dans une chambre d'hôtel en février 2014.

Durant le contre-interrogatoire, le témoin a affirmé à l’avocat de Guillaume Donovan, Me Christian Deslauriers, avoir conservé des conversations de messages textes avec la présumée victime après son séjour à Thunder Bay. Quelques heures plus tard, ces messages ont été récupérés et remis au procureur de la Couronne et à la défense.

Or, durant l'enquête le jeune homme avait dit avoir effacé tous les messages envoyés par l'application de rencontre Tinder et les messages textes. En cour, le témoin a dit ne pas avoir effacé les messages de Tinder, mais plutôt avoir fermé son compte. Me Deslauriers a demandé que le témoin ouvre son ancien compte pour voir si les messages étaient archivés. Durant une pause, le témoin a procédé et finalement, les messages n'y étaient pas.

« Me Deslauriers, ça fait trois jours qu'on est retardé par des aspects procéduraux. Mon point est, où s'en va-t-on avec ce témoin? Si vous voulez le questionner et attaquer sa crédibilité, c'est une chose, mais de là à lui dire ''vas-tu [ouvrir ton compte]?'' J'ai de la difficulté », a rétorqué la juge Chantal M. Brochu.

La juge Brochu a toutefois autorisé la défense à reprendre le contre-interrogatoire avec le premier témoin pour une quatrième journée, jeudi, précisément sur la question des messages textes et accepterait une demande de l'avocate de David Foucher de reprendre son contre-interrogatoire, sur ce point.

La notion de consentement a déjà été évoquée

Plus tôt dans la journée, le témoin a admis avoir dit à son entraîneur de l’époque que la relation sexuelle entre la présumée victime et Guillaume Donovan était consentante.

Durant une rencontre avec Réal Paiement, il avait révélé avoir eu une relation sexuelle à trois avec Donovan et la présumée victime. Tous les trois étaient consentants, a-t-il dit, jusqu’à ce qu’il soit lui-même devenu inconfortable au point de quitter la chambre et de laisser les deux autres continuer.

Or, en cour, le témoin a affirmé que cette séquence n’a jamais eu lieu. Aucune discussion entre les trois n’aurait eu lieu, tel qu’il l’a expliqué dans les derniers jours.

Il a déclaré avoir rencontré la présumée victime par l'intermédiaire de l'application Tinder. Il a raconté avoir passé une partie de la soirée du 1er février avec cette dernière dans un bar de Thunder Bay. Ils auraient consommé une quantité considérable d'alcool avant de regagner l'hôtel Victoria Inn en taxi.

À leur arrivée, le témoin affirme que tout indiquait qu'ils étaient seuls et c'est à ce moment qu'ils auraient eu une relation sexuelle dans le lit.

Pendant l'acte, le témoin dit avoir aperçu de la lumière derrière lui, qui semblait provenir d'une porte commune entre deux chambres. Cette porte aurait été ouverte à quelques reprises pendant leur relation intime. L'homme ne se souvient toutefois pas d'avoir entendu ni vu quelqu'un entrer dans la chambre à ce moment-là.

Quelques instants plus tard, il aurait remarqué la présence de Guillaume Donovan et se serait immédiatement levé pour se rhabiller un peu plus loin dans la chambre, près de la porte d'entrée.

Puis, en se retournant, il aurait aperçu la jeune femme faire une fellation à l'accusé. Il aurait ensuite quitté la pièce pour se diriger vers la chambre voisine, en passant par la porte commune.

La présumée victime n'a pas témoigné aujourd'hui

Le premier témoin du procès devait en principe laisser la place à la présumée victime, mercredi. Toutefois, la durée du contre-interrogatoire a fait en sorte que le témoignage de la jeune femme dans la vingtaine ne commencera pas avant jeudi.

Il s'agit d'un moment-clé du procès de 10 jours, puisque sans le témoignage de la présumée victime, il est difficile de prouver un crime.

« S'il n'y a pas de victime, il n'y a pas de crime. Donc, évidemment, la victime alléguée est un témoin-clé pour ne pas dire le témoin-clé », a déclaré Me Deslauriers.

En tout, quatre ou cinq témoins seront appelés à la barre, alors qu'au début du processus judiciaire, il y a plus de trois ans, il était question d'appeler vingt témoins à la barre. Le procès doit durer dix jours au total.

Rappelons que cette affaire avait fait grand bruit en 2014 et avait poussé l'Université d'Ottawa à suspendre son programme de hockey pendant deux ans. L'entraîneur-chef de l'époque, Réal Paiement, avait également été congédié, puisque l'Université avait été informée trois semaines après les faits allégués.

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