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Des militants font des recommandations à la suite de la mort d'Abdirahman Abdi

La coalition « Justice pour Abdirahman Abdi », du nom de cet homme d'origine somalienne mort récemment à la suite d'une intervention policière, a présenté une liste de recommandations aux autorités d'Ottawa et de l'Ontario, ainsi qu'aux gouvernements fédéral et provincial.

Le groupe, qui est composé d'une quinzaine d'organisations - dont l'Association canadienne des avocats somaliens, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles d'Ottawa et le Congrès du travail du Canada - a été créé après le décès de M. Abdi, 37 ans, il y a un peu plus d'une semaine.

Sa fin tragique, qui est examinée par l'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario, a suscité de vives réactions dans la communauté somalienne, mais aussi ailleurs au pays.

« Pourquoi lorsqu'une personne racialisée fait une crise de santé mentale et que la police est appelée, la réponse des agents est de la tuer? », s'interroge Margaret Parsons, la directrice générale de la Clinique juridique africaine canadienne.

« La réponse est claire : dans le cas de M. Abdi, comme dans d'autres cas, le facteur réel est la race », a-t-elle poursuivi.

Des caméras et des formations

Le groupe souhaite que l'on reconnaisse « l'existence d'une crise au Service de police d'Ottawa (SPO) quand cela en vient à la façon dont les autorités interagissent avec des communautés racialisées et spécifiquement, celles qui éprouvent des problèmes de santé mentale » et qu'un groupe de travail soit mis sur pied pour se pencher sur la question.

Il recommande que les policiers canadiens soient aussi mieux formés pour les situations où ils sont confrontés à des personnes ayant des problèmes de santé mentale. Cela pourrait passer par l'enseignement de techniques de désamorçage.

Les militants estiment par ailleurs que les policiers devraient porter des caméras corporelles et que des dispositifs d'enregistrement devraient équiper les véhicules de patrouilles.

Ils ajoutent que les policiers faisant l'objet d'une enquête devraient se voir assigner à d'autres tâches et qu'il serait souhaitable qu'ils ne soient pas en contact avec les membres de la communauté.

La coalition suggère également que la législation encadrant l'UES soit modifiée, afin que cet organisme soit plus transparent. La police et Statistique Canada devraient en outre recueillir et communiquer des données raciales sur les rencontres entre les policiers et les civils, selon le groupe.

La police se dit « ouverte »

De son côté, le Service de police d'Ottawa, tout comme le maire de la capitale nationale, préfère ne pas commenter le dossier tant que le rapport de l'UES ne sera pas déposé.

Cependant, dans une déclaration écrite, le SPO a affirmé être au courant de la démarche de la coalition.

« Nous sommes ouverts aux commentaires, et nous examinerons attentivement l'information », est-il précisé. « Nous savons que plusieurs de nos précieuses relations au sein de la communauté sont mises à l'épreuve, et nous devrons poursuivre nos efforts de rapprochement pour renforcer la confiance. »

Le SPO soutient par ailleurs qu'après l'incident qui a coûté la vie à M. Abdi, des mesures ont été adoptées pour renforcer l'équipe de mobilisation communautaire. L'objectif est notamment d'établir « un dialogue constructif » avec la collectivité somalienne d'Ottawa.

Avec des informations de la journaliste Claudine Richard et de CBC

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