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Des milliers de personnes manifestent à Ottawa pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis

Des milliers de personnes, notamment des étudiants et des élèves, ont manifesté samedi matin dans le centre-ville de la capitale nationale en solidarité avec leurs pairs américains qui ont marché en grand nombre à Washington pour mettre un terme aux violences par armes à feu.

Un texte d'Agnès Chapsal

« Hey, hey, ho, ho, the NRA has got to go ». Pendant toute la durée du rassemblement, les manifestants ont scandé ce slogan, demandant à la NRA [National Rifle Association, le groupe de pression en faveur des armes à feu aux États-Unis] de cesser ses activités.

Le rassemblement a débuté à 11 h sur la colline du Parlement. Les marcheurs se sont ensuite dirigés vers le parc Major's Hill, où des discours ont été prononcés et une minute de silence a été observée. Les manifestants se sont ensuite postés sur l'avenue Mackenzie, en face de l'ambassade des États-Unis. Les organisateurs ont ensuite dit qu'ils allaient y remettre une lettre qui préconise le contrôle des armes à feu.

Parmi les manifestants, Jim O'Flaherty est venu avec sa fille. Le père de famille a été très touché par le triple meurtre à Trois-Rivières en 2014 perpétré par un adolescent qui avait fréquenté l'école de sa fille, un an auparavant. Le fait même d'en parler l'émeut beaucoup.

« On est venu pour donner du soutien à tous les enfants et les élèves aux États-Unis qui vivent ce cauchemar-là avec les armes à feu. C'est aussi pour essayer d'appuyer des changements ici au Canada », raconte M. O'Flaherty.

Parmi ces changements, le père de famille aimerait que le gouvernement bannisse les armes à feu de type militaire.

M. O'Flaherty juge aussi que davantage de fonds devraient être alloués au dépistage des jeunes atteints de troubles mentaux dans les écoles, car, selon lui, les fusillades et les tueries de masse sont perpétrées par des individus affectés par la maladie mentale.

« Il faut trouver un moyen de dépister ces gens, un moyen pour qu'on puisse les aider avant que ça se produise », précise-t-il.

Une des organisatrices de l'événement et élève de onzième année de l’École secondaire Nepean, Ainsley Skelly, espère que la vague de manifestations pourra provoquer des changements législatifs pour le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

« Je voulais montrer ma solidarité aux étudiants américains, j'ai de la compassion pour le drame qu'ils vivent en ce moment », commente-t-elle. « Je pense que c'est une cause très importante et rien ne va changer si nous ne défendons pas ce en quoi nous croyons ».

Elle se félicite du nombre de personnes venues défendre cette cause.

« On s'attendait à voir entre 100 et 200 personnes, je pense que ça dépasse ce qu'on prévoyait », se réjouit-elle.

« Ce qui me touche le plus, c'est de voir les jeunes manifester », confie pour sa part Éric, un manifestant.

Plus de 800 marches ont été organisées un peu partout aux États-Unis et dans le monde.

La mobilisation a commencé après la fusillade survenue en février à l’École secondaire Marjory Stoneman Douglas, à Parkland en Floride au cours de laquelle dix-sept personnes sont mortes.

À Washington, une marée humaine a envahi les avenues entre la Maison-Blanche et le Capitole. Un demi-million d'adolescents et d'adultes étaient attendus, avec comme mots d'ordre « Plus jamais ça! » et « Assez ».

Rappelons que les armes font plus de 30 000 morts par an aux États-Unis, où les étudiants et les élèves sont parfois présentés comme la « génération mass shooting » ou la « génération Columbine », du nom d'une école secondaire du Colorado où deux élèves ont tué douze de leurs camarades de classe et un professeur en 1999.

Selon une analyse du Washington Post cette semaine, plus de 187 000 élèves américains des niveaux primaire et secondaire ont été témoins d'une fusillade en milieu scolaire depuis 1999.

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