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Des niveaux importants de Legionella dans certains édifices fédéraux

La bactérie Legionella a été détectée à des niveaux importants dans plus du tiers des 51 édifices fédéraux à Toronto, Montréal et Ottawa qui ont été examinés par une entreprise spécialisée d'Ottawa.

Selon l'étude de Spartan Biosciences effectuée l'été dernier et rendue publique la semaine dernière, 39 % des systèmes de refroidissement d'édifices évalués avaient un volume de bactéries plus grand que la limite permise. Quatre des immeubles avaient 10 fois plus de bactéries que la limite permise et un édifice en contenait 100 fois plus.

La présence de la bactérie causant la légionellose dans des édifices fédéraux n'est pas nouvelle. En 2015, le gouvernement fédéral a dû intervenir à plusieurs reprises pour nettoyer d'urgence des tours de refroidissement.

Spartan Biosciences n'a pas précisé où sont situés les édifices contenant le plus de bactéries Legionella.

Un nouveau test

L'entreprise dit avoir mis au point une nouvelle méthode de détection à son laboratoire d'Ottawa.

Une méthode qui serait plus efficace que les techniques traditionnelles. Selon la compagnie, cette technique serait efficace dans 100 % des cas, alors que l'efficacité des techniques traditionnelles ne serait que de 60 %.

Le président de l'entreprise, Paul Lem, s'est dit surpris par les résultats obtenus par les tests de sa compagnie.

« Ce sont des niveaux très élevés », a dit M. Lem, surtout dans des édifices qui sont évalués régulièrement selon des normes élevées.

Pas de problèmes pour la santé, selon SPAC

La diffusion par Spartan de son évaluation, exécutée pour le compte de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), n'a pas plu aux fonctionnaires responsables du dossier.

Selon eux, les niveaux identifiés de Legionella par Spartan, dans certains édifices, n'ont jamais posé de problèmes pour la santé des travailleurs.

« Il y a ici une tentative de tourner cette expérimentation-là en un risque pour la santé qui, à mon avis, va au-delà de l'intention [des tests] et qui n'est pas supporté par les tiers à qui on a demandé un avis », affirme le directeur principal de l'environnement, de la santé et de la sécurité dans les biens immobiliers à SPAC, Jean-Roch Tourigny.

M. Tourigny ajoute que le fédéral a développé un protocole pour l'entretien de ses immeubles. Les tests pour détecter la Legionella s'inscrivent dans ce protocole afin d'avertir les gestionnaires que des mesures de nettoyage sont de mises, pas pour indiquer que la santé des employés est à risque.

« Dans le protocole, il y a des niveaux jaune, orange et rouge. Quand c'est orange, c'est pour dire au gestionnaire, fait de quoi, ce n’est pas pour dire qu'il y a un risque pour la santé, même chose pour le rouge », explique M. Tourigny.

SPAC est toutefois intervenu immédiatement dans l'édifice dont les niveaux de Legionella étaient 100 % plus élevés que la limite permise. Le ministère n'a pas voulu préciser où était situé cet édifice.

SPAC estime que la technologie de Spartan mérite toutefois d'être étudiée plus en profondeur.

Avec les informations de Gilles Taillon

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