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Des passionnés de l'animation japonaise rassemblés à Gatineau

Près de 3000 participants se rassemblent ce week-end au Palais des congrès de Gatineau pour vivre leur passion des jeux vidéos, de l'art japonais et des mangas au festival G-Anime.

Un texte de Simon Deschamps

Dès que le visiteur pose les pieds au troisième étage, les murs se transforment. Il entre alors dans un univers sorti tout droit de l'imaginaire. Les visiteurs peuvent jouer à des jeux vidéos, des jeux de société et des jeux-questionnaires, tous reliés à la thématique des animations japonaises.

Depuis 10 ans, grâce à cet événement, les participants peuvent vivre leur passion sans retenue. L'événement est organisé par la Société d'animation japonaise de Gatineau.

« On a réussi à se rejoindre dans une communauté qui est déjà ghettoïsée à sa façon. C'est un événement sans jugement entre les Cosplayers, les fans d'animes et ceux de jeux vidéos, ce qui n'est pas nécessairement le cas en dehors des conventions », a expliqué un Gatinois participant à son sixième G-Anime, Miguel Laurier.

« Ça a permis de rapprocher toute la communauté geek du Québec », a-t-il ajouté.

M. Laurier dit qu'au fil des ans les participants étaient plus sociables et moins gênés. L'événement lui permet de vivre sa passion à fond.

« Je suis un peu touche-à-tout. J'écoute des animes, je joue à des jeux vidéos, je fais du cosplay [la personnification de personnages, NDLR]. Ce qui m'intéresse, c'est que tu peux trouver tout ce qui te passionne. À la minute que ça touche le geek en général. Des événements comme ça, on en a un par année en Outaouais », a-t-il renchéri, lui qui arborait le costume de Ken Kaneki de l'anime Tokyo Ghoul.

M. Laurier n'a pas confectionné son costume cette année, mais se promet de revenir l'an prochain avec un costume qu'il aura fabriqué. Il dit que lorsqu'il les concocte, il y dédie de 200 à 300 heures. Il le présente ensuite lors du concours de costume.

Des visiteurs d'autres villes

Étudiante à l'Université McGill, Maude Vinette est venue de Montréal pour vivre l'événement pour la première fois. Elle arborait le costume de la série Hunter x Hunter.

« Je trouve ça super plaisant. On a tous une passion pour les animes et les séries comme ça. Juste voir le monde se déguiser [...] c'est vraiment plaisant », a-t-elle dit.

Mme Vinette a dévoué environ une cinquantaine d'heures à la confection de son costume. Elle dit que faire la tête de son personnage a été ce qui lui a été le plus complexe.

Rencontrée dans la salle des marchands, Cathy Schmidt a été initiée au monde des arts japonais par ses amis.

« C'est un monde vaste. Même si tu n'aimes pas ce que tu vois au premier abord, tu vas toujours trouver quelque chose qui est fait pour toi. Il y a tellement de choix que c'est sûr que tu vas trouver un jour », a-t-elle dit.

Elle recherchait des affiches de mangas pour décorer les murs de sa chambre.

« J'aime beaucoup aider les artistes, parce que leur travail est difficile. Je préfère acheter des oeuvres de personnes qui font leurs choses elles-mêmes plutôt que de magasins qui vendent des jouets », a expliqué Mme Schmidt.

Pour l'artiste Roxane Danault, finissante du programme en animation et illustration du Cégep du Vieux-Montréal, dessine des mangas dans ses temps libres et les vend dans des conventions.

« Depuis que j'ai sept ans, j'écoute des bandes dessinées mangas et ça s'est poursuivi. J'aimais l'animation et j'ai continué à m'intéresser à ça », a-t-elle dit.

L'artiste n'en fait toutefois pas son travail à temps plein.

« Je fais un peu d'argent quand même, mais c'est surtout pour le plaisir. J'aime ça être en arrière pour faire des dessins à des gens que je peux voir », a-t-elle affirmé.

Se dépasser

Pour le président de la Société d'animation japonaise de Gatineau, Luc Biron, son événement permet aux participants de se dépasser.

« Ça apprend la débrouillardise aux jeunes, à budgéter parce que leur costume ne coûte pas 10 $. Il y en a qui vont travailler six mois dessus, donc ça leur apprend à développer leur créativité », a-t-il dit.

L'organisation se fait aussi un devoir d'offrir beaucoup de contenu en français en invitant des personnalités francophones connues. Les comédiens Réal Bossé et Catherine Bérubé, des youtubeurs de la chaîne Et tout le monde s'en fout et le concepteur des Deux minutes du peuple Francois Pérusse ont partagé leur savoir-faire avec les participants.

Avec les informations de Marie-Ève DuSablon

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