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Des patientes de l’Outaouais atteintes du cancer dénoncent des soins inadéquats

En l'espace de quelques jours, deux résidentes de l'Outaouais ont partagé sur les médias sociaux leur écœurement envers le Centre de cancérologie de l'hôpital de Gatineau. Elles estiment ne pas avoir reçu les soins nécessaires, alors qu'elles avaient signalé des grosseurs, qui se sont avérées liées au cancer.

Le 4 février dernier, Michelle Lebrun, une Gatinoise de 27 ans, publiait une vidéo sur sa page Facebook, qui allait rapidement devenir virale et dépasser le million de visionnements.

Elle y expliquait notamment comment le personnel de l'hôpital de Gatineau avait banalisé l'apparition de bosses sur son corps pendant près de trois mois, pour finalement découvrir qu'il s'agissait d'un cancer.

Le témoignage très émouvant de Mme Lebrun est arrivé à l'attention de Muriel Millette, une résidente de Saint-André-Avellin, âgée de 52 ans.

Fortement ébranlée, elle a tenu à répondre elle aussi sur Internet, deux jours plus tard, pour offrir son soutien à la jeune femme, mais aussi pour raconter sa propre expérience.

À la suite d'un diagnostic de cancer du sein, son médecin l'a envoyée se faire soigner à l'hôpital de Gatineau. La maladie étant à un stade avancé, elle a subi une opération le 15 septembre.

L'équipe médicale lui a alors annoncé que son ablation du sein s'était bien déroulée et que sa guérison serait en bonne voie.

Des bosses et encore le cancer

Par la suite, Muriel Millette se rend à un rendez-vous de suivi le 13 octobre. Bien qu'elle n'a aucune bosse ou symptôme anormal, elle trouve néanmoins curieux de n'être examinée que visuellement, sans aucun test ni radiographie.

« Ça ne prend pas la tête à Papineau, pour dire : " On va passer un test, juste pour être certain qu'il n'y a pas de métastases nulle part " », déplore sa soeur, Sylvie Millette.

C'est à la fin du mois d'octobre que Muriel Millette découvre une grosseur sur son cou. Elle retourne consulter, mais on la rassure en lui disant qu'il ne s'agit que de ganglions enflés.

Le 5 novembre, elle rencontre de nouveau le médecin qui l'a opérée à l'hôpital de Gatineau. La décision est alors prise de lui faire passer une échographie.

Cet examen est réalisé le 18 novembre, puis elle passe un scanneur le 24 novembre. Elle obtiendra les résultats plus d'une semaine après, soit le 2 décembre. Le verdict tombe alors : Muriel Milette a un cancer de stade 4, soit la forme la plus grave.

« Il m'a montré ça sur l'écran et il m'a dit : " Regarde, c'est tout du cancer " », se remémore-t-elle.

La suite à Montréal

Épuisée, désemparée et surtout plus du tout confiante dans le personnel médical de Gatineau, Muriel Millette se tourne vers l'Hôpital général juif de Montréal, à la suggestion de ses proches.

Alors qu'elle n'a jamais subi de biopsie en Outaouais, elle en passe une à l'établissement montréalais, mais la différence ne s'arrête pas là.

« Depuis deux semaines à l'Hôpital juif, elle a fait trois scanneurs, elle s'est fait préparer pour la radio. Elle a passé un scanneur mardi passé et jeudi, ils avaient les résultats », souligne Sylvie Millette.

Aujourd'hui, Muriel Millette sait que sa maladie est là pour rester. Elle croit surtout qu'elle n'en serait pas là si elle avait été mieux suivie à Gatineau.

Comme elle le répète sur sa vidéo avec toute la vigueur qu'il lui reste, Mme Millette va se battre jusqu'au bout.

Elle ne s'est mariée qu'en 2010 et elle souhaite ardemment profiter des moments qu'il lui reste avec son mari et ses enfants.

Le CISSS de l'Outaouais n'est pas insensible

Le directeur des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, Guy Morissette, s'est dit touché par la situation des deux femmes. Il a reconnu sans détour qu'il s'agissait certainement d'une période difficile pour elles, leur entourage et leur famille.

M. Morissette affirme qu'il y aura une révision de la prise en charge de ces patientes et qu'il faudra aussi se pencher sur la qualité des actes médicaux qui leur ont été prodigués.

Il refuse cependant de dire ou de laisser penser que le personnel médical ne leur a pas accordé suffisamment de temps.

« Je ne dirais pas ça. L'enquête est en cours pour savoir ce qui s'est passé. Honnêtement, je vous dirais que cette situation-là, c'est-à-dire les symptômes que les gens peuvent présenter, que ce soit des bosses ou des vomissements, la plupart du temps, on répond favorablement à l'attente des gens », explique-t-il.

Il ajoute qu'il y a des sondages de satisfaction qui sont réalisés auprès des patients et que l'hôpital de Gatineau est soucieux d'être à l'écoute. Il indique aussi que les protocoles sont revus en permanence et que des corrections seront apportées en cas de besoin.

Par ailleurs, Guy Morissette se veut rassurant quant à la qualité de soins qui sont offerts en Outaouais. Il rappelle que ce sont des équipes constituées de nombreuses personnes, basées dans la région et à Montréal, qui s'occupent des malades.

D'après un reportage de Catherine Lanthier

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