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Des problèmes informatiques pourraient avoir porté préjudice à des patients de Gatineau

Des médecins spécialistes croient que les problèmes informatiques qui affectent les services de radio-oncologie de l'Hôpital de Gatineau ont mis en péril les soins aux patients atteints du cancer. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) réfute ce constat.

Depuis au moins trois ans, les radio-oncologues doivent faire face à des pannes informatiques généralisées, à la lenteur de certains logiciels et même à la perte de données de certains de leurs patients. Ils s'inquiètent que ces problèmes aient affecté les chances de survie de leurs patients.

L'automne dernier, une équipe du centre universitaire de santé McGill a été appelée par le CISSSO pour évaluer le problème. Leur rapport a confirmé que les cancérologues rencontraient « des problèmes informatiques sérieux et récurrents ».

Selon des cliniciens en oncologie cités dans le rapport, ces problèmes informatiques ont « occasionné des retards à maintes reprises, voire même des annulations d'épisodes de traitements de patients ».

« Ces problèmes sont une source d'irritation pour les cliniciens de cancérologie, les empêchant de remplir convenablement leur mission, mettant ainsi en péril les soins aux patients », peut-on également y lire.

Le président de l'organisme Santé Outaouais 2020, Andrew Gibson, dit s'inquiéter de cette situation.

« Ça mine la confiance dans le système [...] Souvent, c'est un enjeu critique pour les familles, donc, en plus, qu'on ajoute des facteurs comme des délais extrêmement longs, ça doit être désolant », a-t-il affirmé.

Des investissements d'un demi-million pour régler le problème

Le directeur général adjoint du CISSSO, Daniel Tardif, admet que les problèmes informatiques aient pu causer de la frustration au sein de l'équipe d'oncologie, mais il affirme que « [les patients] n'ont pas été à risque » pour autant.

M. Tardif souligne également que l'organisme a entamé des démarches pour régler le problème.

Environ 500 000 $ ont été investis dans les systèmes informatiques cet automne, ce qui aurait permis de corriger la majorité des problèmes, bien que la direction avoue être en attente de la nouvelle version d'un logiciel qui continue de poser problème.

« On a entendu [les craintes] et on travaille dans ce contexte-là. Cependant, d'arriver à la conclusion que ça a créé un préjudice à notre clientèle, je pense que c'est un pas qu'on ne peut pas faire », a déclaré M. Tardif.

D'après un reportage de Laurie Trudel

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