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Des résidents fulminent alors que des dispensaires de marijuana fleurissent à Ottawa

Des élus municipaux et des résidents d'Ottawa ne cachent pas leur frustration au sujet de la multiplication des dispensaires de marijuana à Ottawa.

Richard Bergman réside dans le secteur de Blackburn Hamlet, dans l'est d'Ottawa. Il voit d'un très mauvais œil l'arrivée récente d'un dispensaire au chemin Innes, alors qu'il y a trois établissements scolaires dans les environs.

« En tant que parents dont les enfants sont scolarisés dans le secteur [...], nous sommes très inquiets avec ce qui se passe là-bas. Ça ne ressemble pas à de la marijuana médicinale », s'insurge-t-il.

Il souhaiterait que ce type de commerces, qui ont désormais pignon sur rue, ne puissent pas poursuivre leurs activités. Il en a notamment après les stratégies de marketing qu'ils mettent en place.

Par ailleurs, à Orléans, CBC/Radio-Canada a constaté qu'un dispensaire s'était installé dans le même immeuble qu'une école de taekwondo et qu'un centre de tutorat pour enfant.

Une faille dans le système

Le conseiller du quartier Innes, Jody Mitic, affirme que les propriétaires de dispensaires tirent parti de la réticence des policiers et des procureurs à agir avant le dépôt du projet de loi fédérale.

« Il y a cette toute petite faille dont ces endroits-là profitent », explique-t-il.

M. Mitic dit avoir demandé au chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Charles Bordeleau, de clarifier la question de la légalité des dispensaires. Mais il faut savoir que dans une déclaration écrite rendue publique le 24 octobre dernier, le SPO a donné son point de vue sur le phénomène.

« Il est de plus en plus complexe de naviguer à travers les réglementations entourant cette problématique », est-il mentionné. « Santé Canada a estimé que ces dispensaires échappaient à leurs réglementations sur la marijuana médicinale, mais il n'y a aucun dispositif d'application de la loi dans ces mêmes réglementations. »

Le SPO ajoute que la seule option qui reste est de criminaliser les personnes qui sont en possession de marijuana, mais il ne souhaite pas emprunter cette avenue, parce que « les Canadiens ont très clairement demandé à notre gouvernement de s'assurer que l'on ne poursuivait plus dans cette voie ».

Faire comme Vancouver?

À la suite de l'ouverture d'un dispensaire sur l'avenue LaPerrière en juillet, dans le secteur de Carlington, le conseiller du quartier Rivière, Riley Brockington, a quant à lui écrit une lettre aux résidents de son secteur.

Il y a affirmé qu'il n'était pas opposé aux dispensaires, mais il a proposé que la Ville d'Ottawa adopte une réglementation comme celle de Vancouver, ce qui permettrait de répondre à certaines craintes des résidents.

Là-bas, les commerces de marijuana doivent obtenir un permis renouvelable annuellement et il leur est interdit de s'installer à moins de 300 m d'une école, d'un centre communautaire ou d'un autre dispensaire.

D'après un reportage de CBC

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