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Des résidents se mobilisent contre le centre d'injection non autorisé à Ottawa

Des résidents d'Ottawa s'opposent à l'installation d'un nouveau centre de prévention des surdoses non autorisé dans le parc Raphael-Brunet, dans le quartier de la Basse-Ville.

Le nouveau centre temporaire inauguré vendredi à Ottawa est loin de faire l'unanimité. Des citoyens s'opposent au choix du site, parce qu'il est situé juste à côté d'un centre communautaire fréquenté par des familles.

L'un de ces résidents, Michel Vallée, soutient avoir communiqué avec le conseiller municipal Mathieu Fleury pour que des mesures soient prises dans ce dossier. M. Fleury n'a toujours pas commenté cette affaire.

« Je pense que le site lui-même est mal choisi. C'est en plein centre d'un quartier où vivent des familles et des enfants. C'est derrière un centre communautaire qui offre des services en continu à des familles, à des jeunes et adultes. Il y a beaucoup de gens. Il n'y a pas de demandes, de clientèle qui demeure près ou autre », affirme M. Vallée.

Selon M. Vallée, le site non autorisé ne rencontre pas les mêmes normes de sécurité qu'un centre d'injection supervisé ayant eu l'autorisation du gouvernement fédéral.

« Un site formel est structuré, avec l'accès à des médecins, alors c'est beaucoup plus qu'une tente. Ce sont des infirmières et des bénévoles et même des fois, il n'y a pas d'infirmières, alors vous voulez mettre la vie des gens dans les mains des bénévoles qui sont plus ou moins formés, qu'est-ce qui va arriver? Va-t-on vraiment aider ces gens-là? », s'inquiète M. Vallée.

Les résidents préoccupés doivent en principe demander l'intervention de l'Association communautaire de la Basse-Ville dans les prochaines semaines.

Un succès, selon les organisateurs

Selon la professeure agrégée à l'École des sciences infirmières de l'Université d'Ottawa, Marilou Gagnon, qui est aussi l'une des instigatrices de projet avec le groupe Prévention Surdose Ottawa, le centre est un véritable succès après seulement quelques heures d'opération.

« Ça a été lent au début quand nous avons ouvert à 18 h, ce qui est normal, mais 11 personnes sont venues dans une période de deux heures. Pas de surdose », a indiqué Mme Gagnon par courriel.

Un bénévole du centre non autorisé soutient de son côté que les communications sont bonnes avec les voisins et que sa préoccupation principale est de sauver des vies.

« Personnellement, je ne veux pas fâcher des voisins, mais honnêtement, mon attention est dédiée aux personnes qui meurent [de surdoses] », a indiqué Robert Jamison.

Ouverture devancée pour le centre d'injection supervisée autorisé?

Un centre d’injection supervisé permanent doit ouvrir ses portes à Ottawa cet automne dans le quartier Côte-de-Sable. Le centre de santé communautaire du quartier travaille depuis plus d'un an pour recevoir une autorisation de Santé Canada afin d'implanter officiellement la ressource. Ses responsables essaient maintenant d'accélérer le processus.

« Tout le monde veut que les sites d'injection en Ontario soient en opération, mais ça prend du temps. Je comprends que les gens soient frustrés. Nous le sommes aussi, mais nous voulons faire les choses correctement », a mentionné David Gibson, le directeur général du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable.

M. Gibson voudrait que Santé Canada autorise maintenant l'ouverture de la ressource avant que l'organisme fédéral y effectue une inspection. Si la permission est obtenue, le site d'injection pourrait s'ouvrir dans une période de moins de sept jours.

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