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Des résidents veulent renforcer le fait français dans Vanier

Dans la foulée de la mobilisation contre le projet de refuge de l'Armée du Salut sur le chemin de Montréal, à Ottawa, des résidents veulent renforcer le caractère francophone du secteur de Vanier.

Des résidents se sont rendus au Centre communautaire Richelieu, mardi soir, pour demander à l'Association communautaire de Vanier d'adopter une résolution pour créer un « comité de développement du quartier français et de la francophonie de Vanier ». Le mandat de ce comité serait de promouvoir le fait français dans ce quartier d'Ottawa, d'un point de vue culturel, social et économique.

Après un débat houleux avec le public, les huit membres du conseil exécutif de l'Association ont choisi de reporter l'étude de cette résolution jusqu'à l'assemblée générale annuelle prévue l'été prochain. Ils n'ont pas exclu l'idée de modifier les statuts et règlements de l'Association afin de « mieux répondre aux besoins des membres ».

Certains résidents de Vanier qui s'étaient déplacés pour la rencontre ont expliqué qu'ils étaient en faveur de cette résolution, puisque le secteur est, selon eux, l'un des derniers bastions francophones à Ottawa. Ils sont d'avis que le fait français doit être mis en valeur dans la revitalisation du quartier.

D'autres se sont opposés à l'idée ou ont émis des réserves en disant qu'ils avaient besoin de plus de temps pour étudier la résolution. Plusieurs ont dit craindre une fragmentation des intérêts des membres en créant ce comité francophone.

Une idée lancée dans la foulée de SOS Vanier

Cette revendication s'inscrit dans le contexte de la mobilisation de nombreux francophones au sein du groupe communautaire SOS Vanier contre le projet de l'Armée du Salut.

En novembre 2017, le conseil municipal d'Ottawa a accepté la proposition de l'Armée du Salut de déménager son refuge de la rue George, dans le marché By, dans un nouvel édifice à usage multiple au 333, chemin de Montréal.

Le complexe de 50 millions de dollars devrait voir le jour sur le site actuel de la friperie de l'Armée du Salut et du motel adjacent. L'organisme a conclu une entente pour acheter la propriété.

L'un des arguments du groupe citoyen est de dire que le projet de refuge aurait un impact négatif sur les francophones de Vanier.

« Le projet de l'Armée du Salut a été comme un électro-choc et après la décision du conseil municipal de novembre, on a réalisé qu'il n'y avait pas d'organisme dont le mandat était de défendre le quartier Vanier, dernier bastion francophone en milieu urbain », a déclaré le porte-parole de SOS Vanier et membre de l'Association communautaire de Vanier, Philippe Denault.

Ceux qui militent pour ce comité demandent une vision francophone pour les abords du chemin de Montréal. Cette vision comprend notamment l'aménagement de bistros, de restaurants, de boulangeries et de librairies francophones, par exemple.

Ces résidents veulent aussi des fonds non seulement pour les infrastructures, mais pour développer une vision commerciale et culturelle de Vanier et créer des liens entre les écoles, les organismes sociaux et les gens d'affaires.

D'après le reportage de Florence Ngué-No

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