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Des sinistrés des inondations outrés des compensations offertes par Québec

Des sinistrés des inondations du printemps, situés à Luskville en zone inondable à risque élevé, devront se résigner à quitter leur résidence, puisque la valeur des dommages dépasse 50 % de celle de leur propriété. Mais ils refusent de plier bagage à n'importe quel prix.

Les résidents touchés par la crue printanière commencent à recevoir les offres de compensation de Québec. Selon eux, celles-ci sont dérisoires. Les montants offerts sont inférieurs aux sommes investies dans leur maison.

« Le ministère de la Sécurité publique m’offre 124 000 $, plus mon terrain qui est de 32 000 $, ce qui donne 156 000 $. Moi, j’ai une hypothèque de 150 000 $ », a expliqué Gabriel Mineault.

M. Mineault déplore que Québec ne prenne pas en considération, dans ses calculs, les paiements hypothécaires déjà effectués.

« Juste mon hypothèque et tous les frais qui vont rester, il ne restera plus rien. Je ne viendrai pas à bout de m’acheter une autre maison. Je n’ai rien pour une [mise de fonds] pour une autre maison », a-t-il décrié.

M. Mineault a emprunté 100 000 $ pour rénover la maison dans laquelle il vit depuis maintenant six ans.

Il demande au gouvernement de lui donner plus d’argent pour éponger l’ensemble du montant investi depuis l’achat de sa maison.

Les propriétaires touchés craignent de devoir abandonner leur rêve d’habiter aux abords de la rivière des Outaouais.

« Je suis rendu à 65 ans. J’ai mis une grosse partie de l’argent dans ça et je suis en train de tout perdre. De la manière que ça se passe, je n’aurai plus cinq cennes, même pas pour m’acheter une maison », a déclaré Robert Bergeron.

Ces résidents de Luskville estiment que les institutions financières devraient être mises à contribution pour éponger ces factures salées plutôt que de simplement empocher les compensations de Québec pour payer les hypothèques.

Un recours collectif en préparation

Pour faire prévaloir leur point de vue, des propriétaires entendent intenter un recours collectif contre le gouvernement provincial.

« Si ce recours collectif ne marche pas, mais que je suis obligé de partir de chez nous avec une couple de piastres, j’ai tout perdu mon six ans de temps que j’ai payé sur cette maison-là », a témoigné M. Mineault.

Plusieurs de ces résidents affirment avoir communiqué avec leur député provincial, qui, selon eux, n’aurait pas effectué de suivi. Le député du Pontiac, André Fortin, n’était pas disponible dimanche pour commenter ce dossier.

En attendant, les sinistrés ne croient pas que le dossier va être réglé avant que les températures froides s’installent.

D'après le reportage d'Estelle Côté-Sroka

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