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Des utilisateurs de drogues se sentent peu interpellés par les élections

Des militants de la communauté des utilisateurs de drogues de Toronto croient être ignorés par les politiciens dans la campagne électorale provinciale. Ils affirment devoir se fier à leurs déclarations passées pour extrapoler les intentions des chefs des trois principaux partis s'ils obtiennent le pouvoir.

Un texte de Katherine Brulotte

Les enjeux du logement abordable, du salaire minimum et des services de santé mentale ont certainement été abordés au cours de la campagne, mais Danielle Bouchard a du mal à y prêter attention puisqu’elle ne sent pas que les questions qui la touchent vraiment: celles de l’aide aux personnes atteintes de dépendance, des services de réduction des méfaits par exemple et des sites d’injection supervisés, ne font pas assez partie des discours des politiciens.

Le militant pour la réduction des méfaits Gary Thompson affirme que les membres de la communauté n’ont pas de voix en politique. Selon lui, la stigmatisation empêche les utilisateurs de drogues de participer activement à la campagne électorale. Selon lui, il est toutefois de la responsabilité des membres de la communauté de trouver les informations et les ressources nécessaires pour voter.

Élections Ontario permet aux Ontariens qui n’ont pas d’adresse de voter grâce au programme de certificat d’Attestation de l’identité et du lieu de résidence. Les personnes sans domicile fixe peuvent participer au scrutin en participant à ce programme disponible dans 3400 organismes communautaires de la province. Les responsables des refuges, des soupes populaires et des centres de santé communautaires, par exemple, ont reçu des formations offertes par Élections Ontario à ce sujet.

L’intervenant communautaire Peter Leslie aimerait que la campagne électorale soit l’occasion d’ouvrir un dialogue entre les communautés et les candidats. Bénévole au site d’injection supervisé de Moss Park, il aurait aimé y accueillir les candidats de la circonscription Toronto Centre. Il affirme qu’il discute avec ses clients des enjeux électoraux pour les sensibiliser à l’importance du processus politique.

Les plus récentes données des autorités de la santé publique de Toronto laissent entendre qu’une personne meurt chaque 10 heures en Ontario en raison d’une surdose.

Les libéraux ont mis en place un plan de lutte contre la crise liée aux surdoses d'opioïdes qui prévoit des investissements de 22 millions de dollars sur 3 ans. Les néo-démocrates ont promis de poursuivre la mise en place d’une stratégie semblable. Les conservateurs n’ont pas dévoilé de plan précis en lien avec la crise des opioïdes, mais Doug Ford s’est prononcé contre la mise en place de sites d’injection supervisés dans la métropole lorsqu’il siégeait au conseil municipal de Toronto à titre de conseiller.

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