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Des voix s'élèvent pour demander l'encadrement du tatouage au Québec

Pour une neuvième année, le Salon du tatouage d'Ottawa-Gatineau regroupera samedi et dimanche plus d'une centaine d'exposants devant attirer environ 3000 visiteurs. L'événement se déroule au Hilton Lac-Leamy alors que certains experts pressent Québec d'encadrer l'industrie.

Celui qu'on surnomme l'Homme lézard, Erik Sprague, a fait tourner bien des têtes samedi. Son apparence est l'oeuvre de 700 heures de tatouage, d'implants dans les sourcils et d'un sectionnement de la langue.

M. Sprague est une source d'inspiration pour plusieurs. Mais le tatouage ne se fait pas sans risque, parce qu'aucune règlementation n'encadre cette industrie au Québec.

Le Collège des médecins du Québec tente depuis quelques années de sensibiliser le gouvernement face à l'importance de régir cette pratique. Le Collège recommande notamment le développement de normes quant à l'hygiène, l'asepsie et la stérilisation à l'intention des boutiques de tatouages. Il croit aussi que seuls les professionnels de la santé devraient pouvoir offrir des services de détatouage.

« Il faut se rendre compte que c'est plusieurs petites insertions d'aiguilles multiples, donc chaque injection est assujettie à la possibilité de faire entrer un microbe, un virus, un champignon », a souligné le dermatologue Jacques Charbonneau, qui pratique à Gatineau.

Le Dr Charbonneau croit fermement qu'il faut imposer des règles pour assurer la sécurité du public.

En faveur d'un encadrement

La plupart des amateurs de tatouages semblent avoir confiance envers les acteurs de l'industrie. Plusieurs des gens présents au Salon ont toutefois approuvé l'idée d'établir certaines normes. Même l'Homme lézard est d'accord.

« Les mineurs, la stérilisation... Oui, il y a des choses de base sur lesquelles tout le monde devrait pouvoir s'entendre », a estimé M. Sprague.

Dans l'industrie du tatouage, les avis sont partagés.

« Ça ferait vraiment l'effet recherché contraire de mettre une [législation] sur le tatouage en disant que c'est illégal de tatouer des mineurs. De toute façon, il y a une éthique, les gens sont professionnels et ça ne les intéresse pas de tatouer des mineurs », a jugé Benny Dorléans, animateur au Salon du tatouage d'Ottawa-Gatineau.

D'autres provinces canadiennes ont instauré des règles pour encadrer les activités de tatouage. C'est notamment le cas de Terre-Neuve, de l'Ontario et de l'Alberta.

D'après un reportage d'Estelle Côté-Sroka

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