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Deux fois plus d’Ontariens meurent dans des incendies en hiver

Malgré les efforts de prévention des pompiers, les incendies qui se déclarent l'hiver demeurent les plus meurtriers de la province. C'est ce que révèlent des données exclusives obtenues par Radio-Canada auprès du commissaire aux incendies.

L’incendie qui a tué une femme de 83 ans et détruit une maison de Port Colborne, dans la région de Niagara, n’est que le plus récent exemple des brasiers meurtriers que combattent les pompiers de l’Ontario chaque hiver.

Entre 2013 et 2015, près de deux fois plus d’Ontariens sont morts dans l’incendie d’une maison durant les mois d’hiver qu’à tout autre moment de l’année, selon des chiffres fournis par le commissaire aux incendies de l’Ontario.

Le nombre de personnes blessées est aussi en moyenne plus élevé entre les mois de décembre à février que durant les autres saisons, pour la même période.

Comment expliquer cette hausse?

Le directeur du Service des incendies de Brockville, Ghislain Pigeon, explique que les incendies se propagent beaucoup plus rapidement l’hiver. Le froid, la neige et la glace viennent compliquer les tâches des pompiers à combattre le feu.

Il y a beaucoup plus de risques d’incendie l’hiver, avec les appareils de chauffage, en plus des décorations de Noël. Quand les fenêtres sont toutes fermées, ça prend aussi plus de temps avant qu’un incendie ne soit découvert.

Ghislain Pigeon, directeur du Service des incendies de Brockville

Sans fumée dans le ciel, dit Ghislain Pigeon, les victimes coincées à l’intérieur ont moins de chances qu’un voisin signale l’incendie en composant le 911. En été, c’est beaucoup plus fréquent, surtout en région urbaine.

Le temps des Fêtes particulièrement dangereux

Pour les pompiers, le temps des Fêtes rime avec danger plutôt que festivités.

Ghislain Pigeon indique ce qui peut provoquer de violents incendies en quelques minutes :

  • les sapins de Noël naturels qu’on oublie d’arroser
  • les lumières décoratives non certifiées par un organisme reconnu (par exemple CSA, cUL ou cETL.) et achetées à rabais
  • les rallonges électriques qu’on sort une fois par année

Vous n’y croyez pas?

Regardez cette vidéo publiée vendredi dernier par le Service des incendies de Toronto pendant une campagne de prévention à l’approche des Fêtes. Un sapin prend feu et embrase toute une pièce en moins d’une minute.

Attention à la consommation d’alcool devant les fourneaux : un autre message repris chaque année par les pompiers. Ghislain Pigeon raconte que, chaque année, les pompiers de Brockville doivent éteindre des feux de cuisson causés par des personnes en état d’ébriété.

Nombreux défis en régions rurales

En plus des conditions hivernales difficiles et des risques associés au temps des Fêtes, le travail des pompiers en hiver est encore plus compliqué dans les régions rurales, comme à Port Colborne, souligne Ghislain Pigeon.

Le camion peut prendre 25 minutes pour rejoindre une adresse. On peut penser que l’incendie va être 40 fois de la grosseur, donc on fait face à des incendies beaucoup plus gros et violents. Si les gens sont coincés à l’intérieur, leurs chances sont largement diminuées.

Ghislain Pigeon, directeur du Service des incendies de Brockville

Plusieurs incendies graves en Ontario au cours des dernières années ont d’ailleurs eu lieu en région rurale.

En 2011, une mère et ses trois enfants ont péri dans l’incendie de leur maison à Alexandria, une petite municipalité dans l’est de l’Ontario.

En 2004, une mère enceinte et ses sept enfants sont morts dans des circonstances semblables à West Lincoln, dans le Niagara. La résidence a brûlé si rapidement qu’elle n’était qu’un brasier à l’arrivée des pompiers.

L’an passé à Puslinch, à l’est de Cambridge, un incendie a tué une quarantaine de chevaux de course et causé des dommages évalués à 6 millions de dollars.

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