Depuis 2011, les citoyens de Clarence-Rockland peuvent boire du café local, équitable et biologique. Les frères Louis et Joël Béland se sont donné pour mission de créer un lieu de rencontre social et culturel, où les gens se rassemblent autour d'un café torréfié par des entrepreneurs de chez eux.

Un texte de Julien Morissette, à l'émission Les malins plaisirs

Le sang entrepreneurial coule dans les veines de Louis Béland, « caféphile » originaire de Rockland. Du grand-père propriétaire de cinéma aux parents qui ont brassé des affaires toute leur vie, en passant par leur tante entrepreneure, les Béland sont bien connus dans Prescott-Russell.

Les débuts dans le garage

L'aventure du Café de Joël a commencé lorsque le copropriétaire - qui a donné son nom à l'établissement - était à la recherche de la meilleure tasse de café possible. Insatisfait de l'offre et des prix courants, Joël Béland a commencé à torréfier chez lui, sur la cuisinière ou à l'aide de machines à popcorn. Les proches et les amis de Joël sont devenus les premiers acheteurs de son café torréfié dans le garage familial, et l'entrepreneur a rapidement connu un fort succès au marché frais de Cumberland.

C'est à ce moment que Louis, de retour d'un séjour de trois ans en Nouvelle-Zélande, s'est joint à son frère pour ouvrir leur commerce à Clarence-Rockland. « L'aspect communautaire est un but important pour moi », explique Louis. « Ça nous prenait un point de rencontre pour les gens d'ici. Aussi, l'aspect culturel est central. Depuis le début, c'est quelque chose qui m'a attiré. »

Poumon culturel de Clarence-Rockland

Avec la ferme intention d'offrir une scène aux artistes de la région, Louis Béland a pris les mesures nécessaires pour bonifier la vie culturelle de sa ville natale.

Le point marquant du projet aura été l'offre de partenariat du Mouvement d'implication francophone d'Orléans (MIFO), qui s'occupe désormais de la programmation artistique du Café de Joël.

Louis se réjouit de cette alliance, qui lui permet de se concentrer sur l'accueil des artistes et des quelque 60 spectateurs qui répondent présents.

« Ça attire une nouvelle clientèle. Ça nous a fait découvrir au sein des membres du MIFO, chez les francophones d'Orléans », ajoute Louis. « Les gens qui n'ont pas tendance à se déplacer d'Orléans pour aller vers Rockland viennent voir les spectacles, et du monde qui se déplace en campagne, c'est quand même rare! »

Contrer le monopole de Tim Hortons

En plus de faire rayonner la culture régionale, les frères Béland sont de fiers représentants de l'achat « local ». Les clients mangent des pâtisseries confectionnées à Cumberland, du pain frais d'une boulangerie de Clarence-Rockland, des viandes préparées à L'Orignal et des légumes provenant de la Ferme du Covenant à Clarence Creek. Sans compter l'incontournable café artisanal, torréfié sur place.

« Dans la région, si tu voulais boire un café, il n'y avait que le Tim Hortons », se rappelle Louis. « Quand même, Tim Hortons a une énorme présence dans le milieu rural, à travers le Canada. » Près de Clarence-Rockland (dans un rayon de 100 km de cette municipalité), il y a 26 Tim Hortons. 

« Les gens qui buvaient du café Tim Hortons ont dû s'adapter, mais ça n'a pas pris de temps. Ça fait une clientèle extrêmement fidèle, qui ne veut plus aller ailleurs. On pourrait se faire accuser de mettre de la drogue dedans, mais c'est vraiment juste du bon café! », lance Louis Béland.

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