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Deux Gatinois arrêtés pour avoir voulu donner une leçon à des adolescents

Deux résidents de Gatineau font face à des accusations pour avoir tenté de se faire justice eux-mêmes. Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a arrêté mercredi Marc-André Essiambre, 37 ans, etClaude Poitras, 39 ans, pour des actions qui auraient été commises à l'endroit de trois adolescents le 2 juillet.

Les deux hommes, qui ont comparu en après-midi, font face à 18 chefs d'accusation. Ils sont accusés d'enlèvement, de séquestration, d'agression sexuelle, d'introduction par effraction, de voies de fait, d'intimidation et d'avoir proféré des menaces.

Selon la police, les accusés auraient pris trois adolescents en flagrant délit de commettre des vols dans des véhicules, dans le secteur de Buckingham. Les jeunes auraient pris la fuite, mais l'un d'entre eux aurait été rattrapé par un des suspects.

Le premier jeune homme aurait été agressé physiquement et amené de force dans un véhicule. Séquestré, l'adolescent aurait révélé l'adresse de l'un de ses complices, qui venait de prendre la fuite.

Les accusés se seraient ensuite rendus à cette adresse en compagnie de l'adolescent. Sur place, un des suspects aurait défoncé la porte et aurait traîné de force le deuxième jeune à l'extérieur de la maison.

Forcé à marcher nu dans un champ

Le deuxième adolescent aurait été forcé à se dévêtir complètement et à marcher nu dans un champ, dans des broussailles et à travers des plantes piquantes, selon le SPVG. Il aurait aussi été bousculé.

Les suspects se seraient ensuite rendus à la résidence du troisième adolescent, en compagnie des deux autres jeunes, afin d'y entrer sans être invités.

Les parents du troisième adolescent auraient toutefois réussi à convaincre les suspects de quitter les lieux sans les adolescents.

Les jeunes n'ont subi que des blessures mineures, mais ils ont été référés au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) pour obtenir un soutien psychologique.

« Les jeunes [...] ont été très ébranlés par cette situation », a souligné en point de presse Andrée East, agente-relationniste du Service de police de la Ville de Gatineau.

Puisqu'aucune plainte n'a été portée dans cette affaire, aucune accusation ne sera déposée contre les trois adolescents.

Quant aux deux adultes accusés, la Couronne s'est opposée à leur remise en liberté. Ils doivent comparaître de nouveau jeudi.

Une double mise en garde

Les autorités policières rappellent que les citoyens victimes d'un crime doivent communiquer avec les policiers dans les plus brefs délais.

La police ajoute que les citoyens ont un pouvoir de détention limité (selon l'article 494 du Code criminel) lorsqu'ils attrapent une personne qui a commis un crime dont ils ont été témoins.

Par ailleurs, le SPVG invite tous les parents à discuter avec leurs adolescents des risques associés à des crimes, comme des vols, puisque de tels actes les mettent à risque de se faire arrêter ou de faire face à des situations dangereuses.

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