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Deuxième rapport du VG sur Phénix : l'AFPC demande une enquête publique

Le plus gros syndicat de fonctionnaires fédéraux du Canada demandera officiellement une enquête publique au sujet des ratés du système de paye Phénix, en réaction au dépôt mardi du rapport du vérificateur général à ce sujet.

Même si l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) est satisfaite du rapport, ses représentants jugent qu’il reste des questions sans réponses.

Ils déplorent notamment le fait que le vérificateur général n'ait pas identifié précisément les responsables qui ont donné le feu vert au déploiement de Phénix.

« Il faut savoir c'est qui, il faut savoir pourquoi. Qu'est-ce qui a motivé un individu à dire qu'on va de l'avant alors qu'on avait toutes les preuves que le système n'était pas prêt. Est-ce que l'intention était de vraiment créer un fiasco? J'espère que non. Chose certaine, il ne faut plus jamais que cette situation se reproduise », a indiqué la vice-présidente nationale de l'AFPC, Magali Picard.

De son côté, Services publics et Approvisionnement Canada a indiqué que les cadres supérieurs responsables d'exécuter le projet n'étaient pas « malintentionnés ». « Ils ont plutôt mal compris et mal évalué la complexité de l'entreprise, l'impact cumulatif de leurs décisions et la gravité des signes avant-coureurs », a écrit le responsable des relations avec les médias, Jean-François Létourneau, dans un courriel.

Par ailleurs, l'AFPC a affirmé que le gouvernement actuel doit aussi cesser de blâmer l'ancien gouvernement pour les ratés du système, puisque le vérificateur Michael Ferguson affirme que conservateurs et libéraux ont des torts.

Aucun des ministres libéraux qui ont réagi au deuxième rapport sur Phénix n'a mentionné un dédommagement des fonctionnaires.

Le gouvernement blâme les conservateurs

Le gouvernement de Justin Trudeau dit accepter les recommandations du vérificateur général. Mais le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, et la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Carla Qualtrough, soutiennent que les libéraux n'ont pas créé ce fiasco et que leur responsabilité se limite aux correctifs à y apporter.

Or dans son deuxième rapport, Michael Ferguson soutient que le gouvernement libéral, à son arrivée au pouvoir en novembre 2015, « n’a manifestement pas posé les questions qu’il aurait dues pour comprendre toute l’importance des risques graves associés au projet ».

À cela, le président du Conseil du Trésor réitère que son gouvernement avait les mains liées par les décisions des conservateurs.

Ce message a été repris par la ministre Qualtrough et son secrétaire parlementaire, le député de Gatineau Steven MacKinnon.

M. Mackinnon a rappelé que ce sont les conservateurs, pas les fonctionnaires, qui ont planifié ce système, qui devait faire économiser au gouvernement 70 millions de dollars par année, et que ce sont aussi les conservateurs qui ont décidé de mettre à pied 700 conseillers en rémunération à l'entrée en vigueur de Phénix.

« [Les conservateurs] ont imposé cette exigence-là d'économiser des dizaines de millions de dollars, de renvoyer des centaines de fonctionnaires et de défaire en quelque sorte la capacité du gouvernement de payer ses propres fonctionnaires », a relaté M. Mackinnon.

Scott Brison a indiqué que son gouvernement avait déjà modifié certaines politiques en ce qui a trait au développement de gros projets informatiques afin d'éviter « un autre Phénix ».

Changement de culture dans la fonction publique

Le VG conclut que les responsables du système de paye Phénix ont choisi de respecter le budget et le calendrier de la mise en oeuvre du nouveau système, plutôt que de tenir compte des drapeaux rouges.

Pour lui, l’« échec incompréhensible » du système Phénix met en évidence cette « culture d’obéissance qui risque l’échec » au sein du gouvernement fédéral, où les sous-ministres se succèdent en obéissant docilement aux ministres en poste. Le VG a recommandé un changement de cette culture.

Scott Brison soutient que son gouvernement travaille déjà à modifier cette culture, à responsabiliser les fonctionnaires, mais que ce changement sera long.

« Les conservateurs ont attaqué publiquement les employés du gouvernement, cela n'a pas de sens », a indiqué M. Brison.

Avec les informations de Florence Ngué-No et Catherine Lanthier

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