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Dossier de l’électricité : l’épine dans le pied des libéraux

L'approbation des hausses salariales des membres du conseil d'administration par les actionnaires d'Hydro One cette semaine a ramené inévitablement le dossier de l'électricité à l'avant-plan des discussions... en pleine campagne électorale.

Une analyse de Julie-Anne Lamoureux

C’est la dernière chose dont les libéraux avaient besoin, eux qui tirent de l’arrière dans les sondages. Il a pourtant fallu que l’assemblée générale annuelle des actionnaires d’Hydro One tombe en plein durant la campagne électorale. Rien pour les aider.

Et les hausses ne sont pas négligeables. Une augmentation de 70 000 $ pour le président du conseil d’administration cette année, soit une compensation totale chiffrée à 330 000 $ et une hausse de 25 000 $ pour un total de 185 000 $ pour les membres réguliers du conseil d’administration. Ces derniers travaillent à temps partiel.

Des compensations comparables à ce qui se fait ailleurs dans le secteur privé, dit Hydro One.

C’est justement un des problèmes principaux pour les libéraux : Hydro One se compare maintenant aux entreprises privées similaires, puisqu’elle a été partiellement privatisée par les libéraux.

Ces montants alimentent ainsi la grogne ambiante contre les troupes de Kathleen Wynne même si les libéraux eux-mêmes s’y opposent. Le gouvernement avait d’ailleurs demandé une révision de la rémunération des dirigeants d'Hydro One il y a quelques semaines.

La révision comprendra aussi la rémunération des membres du C.A.

« Qui gagne 185 000 $ par année pour un emploi à temps partiel », a demandé le chef progressiste-conservateur Doug Ford.

Peu de gens, en effet, peuvent se vanter d’avoir droit à un tel salaire. Encore moins pour un poste à temps partiel.

Qu’est-ce que les électeurs vont retenir?

La frustration des libéraux devant ces hausses ou les slogans de Doug Ford, qui répète que le PDG et les membres du conseil d’administration d'Hydro One perdront leur emploi s’il devient premier ministre?

M. Ford aime les slogans, mais il n’explique pas que les conséquences pourraient être importantes.

Si le PDG d’Hydro One, Mayo Schmidt, perdait son emploi en raison de l’intervention du gouvernement, il aurait droit à une prime de 10,7 millions de dollars.

Ce n'est pas le scénario idéal pour un chef qui se targue de vouloir trouver des économies dans le système pour en faire bénéficier les contribuables.

Le NPD aussi aime parler du dossier de l’électricité.

Il promet de ramener Hydro One dans le giron public s’il est élu. Il critique aussi les libéraux d'avoir privatisé la société d’État.

Mais combien coûterait le rachat d'Hydro One? Combien de temps serait-il nécessaire pour y arriver? Comment serait-ce même possible?

La chef Andrea Horwath admet que cela pourrait prendre des années et qu’il faudrait racheter les actions en utilisant les dividendes produits par Hydro One. Elle ne veut toutefois pas dire si le rachat aurait un impact sur les factures.

Les promesses et la réalité

Ainsi, tous les partis font de belles promesses, mais dans les faits, la réalité est beaucoup plus complexe.

Ce sont les libéraux qui portent le fardeau de la privatisation partielle d’Hydro One. Ce sont eux qui doivent défendre leur décision.

La chef libérale Kathleen Wynne persiste et signe. Elle a dit que c’était nécessaire pour financer les projets d’infrastructure dont la province avait besoin.

Y aura-t-il des conséquences politiques? La chef libérale, elle, assure que ce sera aux Ontariens de décider.

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