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Doug Ford assermenté premier ministre de l'Ontario

Le nouveau premier ministre ontarien, le conservateur Doug Ford, a été assermenté officiellement, vendredi, mettant fin du même coup à 15 ans de règne libéral en Ontario.

Les 20 ministres de M. Ford, 13 hommes et 7 femmes, ont eux aussi été assermentés à l'Assemblée législative.

Une cérémonie pour le public, à l'américaine, a ensuite eu lieu sur les pelouses de Queen's Park, à Toronto.

S'adressant à la foule, le 26e premier ministre ontarien a entre autres répété sa promesse de sortir l'Ontario du marché du carbone commun avec le Québec et la Californie.

Les Ontariens ont voté pour le changement, a affirmé M. Ford. Et je demande à ceux qui n'ont pas voté pour nous de nous donner la chance de faire nos preuves.

Le Cabinet de Doug Ford

  • Finances : Vic Fedeli, ancien chef intérimaire des conservateurs
  • Santé et vice-première ministre : Christine Elliott, ex-rivale de Doug Ford à la chefferie, a une décennie d'expérience en politique provinciale
  • Éducation : Lisa Thompson, députée depuis 2011, était présidente du caucus conservateur
  • Procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones : Caroline Mulroney, avocate et ex-rivale de Doug Ford à la chefferie, fille de l'ancien premier ministre Brian Mulroney
  • Conseil du Trésor : Peter Bethlenfalvy, ancien banquier
  • Agriculture : Ernie Hardeman, était porte-parole du PC en matière d'agriculture
  • Énergie, Développement du Nord et des Mines, Affaires autochtones : Greg Rickford, était ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement Harper
  • Environnement : Rod Phillips, ancien PDG de la Société des loteries et des jeux (OLG)
  • Transports : John Yakabuski, député depuis 15 ans
  • Affaires municipales et Logement : Steve Clark, ancien maire de Brockville
  • Infrastructures : Monte McNaughton, était porte-parole du PC en matière de développement économique, député de la droite religieuse
  • Services aux aînés : Raymond Cho, ancien conseiller municipal de Toronto
  • Formation, Collèges et Universités : Merrilee Fullerton, médecin de famille
  • Tourisme, Culture et Sport : Sylvia Jones, ancienne porte-parole du PC pour les infrastructures et les transports
  • Services à l'enfance et Services sociaux : Lisa MacLeod, députée d'expérience, a été porte-parole du PC en matière de services à l'enfance
  • Travail : Laurie Scott, était porte-parole du PC en matière de sécurité communautaire, avait démissionné de son poste en 2009 pour permettre au chef conservateur de l'époque, John Tory, de se faire élire (elle avait regagné son siège en 2011)
  • Services gouvernementaux et aux consommateurs : Todd Smith, était porte-parole conservateur en matière d'énergie
  • Sécurité communautaire et Services correctionnels : Michael Tibollo, avocat
  • Richesses naturelles et Forêts : Jeff Yurek, était porte-parole du PC en matière d'innovation
  • Développement économique, Création d'emplois et Commerce : Jim Wilson, député à Queen's Park depuis 1990, a été ministre sous Mike Harris et Ernie Eves

Pour sa part, Doug Ford s'occupera aussi des Affaires intergouvernementales.

Recul pour les francophones et les Premières Nations

Fidèle à sa promesse électorale de lutter contre le gaspillage, Doug Ford avait mentionné que son Cabinet serait plus petit que celui de sa prédécesseure libérale, Kathleen Wynne (27 ministres).

Toutefois, les francophones et les Autochtones en ressortent perdants.

Dans le cas des Affaires francophones, il n'y aura plus de ministère à part entière.

Pour ce qui est des Affaires autochtones, le ministre qui s'occupe de ce portefeuille, Greg Rickford, aura aussi la responsabilité de l'Énergie, du Développement du Nord et des Mines.

Par ailleurs, le ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique devient le ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs.

Pour revoir la cérémonie d'assermentation :

Pour réécouter le discours d'assermentation de Doug Ford :

Ses premières mesures

M. Ford compte passer rapidement de la parole aux actes, si l’on se fie aux déclarations qu’il a faites depuis son élection le 7 juin.

Sa première mesure, a-t-il promis, sera de sortir l’Ontario du marché du carbone.

D'autres engagements :

Rapide, mais risqué

Pour la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa, il est inhabituel de voir un nouveau gouvernement, avant même son assermentation, mettre autant de mesures de l'avant.

Selon elle, cela suggère que Doug Ford est déterminé.

Toutefois, son empressement pourrait avoir de coûteuses conséquences, ajoute la professeure Tellier, comme dans le cas de l'annulation du système de plafonnement et d'échange du carbone dans lequel certaines villes et entreprises ont investi des millions de dollars. Elles pourraient, en effet, poursuivre la province si elles n'obtiennent pas de dédommagement.

La promesse de M. Ford de s'opposer à toute taxe carbone fédérale pourrait aussi mener à un affrontement avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Promesses irréalistes?

Durant la campagne électorale, M. Ford a fait des promesses totalisant des milliards de dollars, que ce soit de réduire le prix de l'essence de 10 cents le litre ou de construire de nouvelles lignes de métro à Toronto, sans dire comment il allait payer pour tous ces engagements.

Il a aussi promis d'équilibrer le budget provincial durant la troisième ou la quatrième année de son mandat.

Le chef conservateur a affirmé qu'il lui serait facile de trouver des milliards en économies dans le budget, sans préciser ce qu'il sabrerait. Il doit mener un examen des dépenses, maintenant qu'il est au pouvoir.

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