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Du sport accessible aux jeunes autistes de l'Outaouais

Justin Lavoie ne pouvait pas dépenser son énergie débordante comme les autres enfants pendant des activités sportives de groupe. Le garçon de sept ans de Gatineau a un trouble du spectre de l'autisme (TSA) et respecter les règlements représente un défi pour lui. Ses parents ont décidé de remédier à la situation.

Un texte de Kim Vallière

« Souvent, il n'écoutait pas les consignes, il quittait le groupe. Au début, les entraîneurs avaient une très bonne volonté, ils allaient chercher Justin, mais un moment donné, c'était beaucoup trop lourd. Et moi, à chaque pratique, j'étais sur le bout de ma chaise en me disant "Ah non, qu'est-ce qu'il va faire?" », décrit Marie-Ève Barrette, la mère de Justin.

Le déclic s'est fait pour elle et son conjoint Alexandre Lavoie lorsqu'ils ont vu un reportage à la télévision sur une équipe de hockey pour jeunes autistes dans la région de Sherbrooke. Comme une telle initiative n'existait pas en Outaouais, ils se sont retroussé les manches pour la créer.

Avec l'aide d'autres parents d'enfants TSA, ils ont mis sur pied Multisport TSA Outaouais. Lancé au printemps, l'organisme a d'abord organisé des ateliers de soccer tous les mardis de l'été où une quinzaine d'enfants se sont donné rendez-vous. Les Gatinois se lancent maintenant dans un programme de hockey, qui débute le 22 octobre.

« On essaie de faire quelque chose pour que les parents se sentent à l'aise, qu'ils se disent que [leur] enfant aussi peut vivre des réussites, lui aussi peut faire des activités sportives et que ça soit normalisant pour les parents et les enfants », explique M. Lavoie, qui rêvait d'une façon de permettre à Justin de faire comme son grand frère Xavier, qui joue au hockey compétitif de calibre atome.

Les entraîneurs bénévoles de Multisport TSA Outaouais s'assurent de personnaliser les exercices en fonction des aptitudes et des particularités propres à chaque enfant. Des appuis visuels sont utilisés pour décrire le déroulement des séances, pour s'assurer que les jeunes comprennent bien le message.

« Une des forces des autistes, c'est le visuel », mentionne Pascale Potvin, une éducatrice spécialisée de formation qui appuie bénévolement le nouvel organisme. « On va faire des pictogrammes pour comprendre la séquence de jeu, des binômes pour comprendre qu'il y a des gagnants et des perdants. »

Les effets sur les enfants sont immédiats lorsqu'ils embarquent sur la glace. Certains sont déjà confortables sur des lames, tandis que d'autres apprennent les rudiments du patinage. Tous sont concentrés sur la tâche à accomplir pendant l'heure passée sur la patinoire et leurs progrès sont notoires.

« Ça lui donne de la fierté d'avoir réussi un défi sportif. Et juste le fait de bouger, tout le monde est d'accord, on se sent bien après, on est plus calme, on est plus disponible aux apprentissages », affirme Ryan Gray, un des cofondateurs de Multisport TSA Outaouais et père de William, huit ans.

Une vision à long terme

Pour le moment, Multisport TSA Outaouais se spécialise dans le soccer et le hockey. Mais l'organisme espère accueillir plus d'enfants et aimerait ajouter d'autres disciplines au fur et à mesure qu'il grandira.

« On n'est limités que par notre imagination », affirme M. Gray.

Les parents-fondateurs souhaitent trouver des partenaires pour leur permettre de prêter de l'équipement à de jeunes autistes qui voudraient essayer le hockey. Ils espèrent également obtenir un meilleur accès à un aréna. Pour le moment, ils profitent d'une demi-glace le dimanche matin à Val-des-Monts.

« On aimerait avoir une heure de glace pour que ce soit le plus centralisé possible et pour que ça soit plus facile pour les parents », raconte Alexandre Lavoie, qui dit vouloir entamer un dialogue avec la Ville de Gatineau à ce sujet.

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