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Duel épistolaire entre la STO et son syndicat

La Société de transport de l'Outaouais (STO) et la section locale du Syndicat uni du transport (SUT) en Outaouais s'accusent mutuellement de ralentir les négociations visant à renouveler la convention collective des chauffeurs et des employés d'entretien. C'est ce qu'indique un échange de lettres entre les deux parties, dont Radio-Canada a obtenu copie.

Dans une lettre datée du 1er février, le SUT a affirmé avoir accepté de retourner à la table de négociations le 30 janvier dernier. Le syndicat prétend que la partie patronale s'était dite prête à négocier à cette date, mais que ce ne fut pas le cas.

La STO a balayé du revers de la main cette accusation, dans une missive qu’elle a à son tour fait parvenir à la partie syndicale.

Peut-être inspirée par la tenue prochaine du Salon du livre de l’Outaouais, la directrice générale de la STO, Line Thiffeault, a même poussé l’audace jusqu’à suggérer quelques lectures aux représentants syndicaux.

« Il semblerait que votre méconnaissance du processus de négociation soit au coeur de ce malentendu », a-t-elle écrit dans une lettre datée du 3 février, avant de recommander au syndicat la lecture des ouvrages Comment réussir une négociation, des auteurs Roger Fischer, William Ury et Bruce Patton, ainsi qu’Initiation à la négociation collective, de Jean Sexton.

Le syndicat insulté

La riposte de Mme Thiffeault a profondément déplu au SUT. Selon son président, Félix Gendron, les propos de la directrice générale sont de la pure provocation et sont de nature à nuire au climat de travail déjà très tendu.

Présentement, l’atmosphère à la STO est à son plus bas niveau.

Félix Gendron, président du Syndicat uni du transport en Outaouais

Se disant outré par la réplique patronale, le SUT a accusé Mme Thiffeault de faire preuve d’arrogance et de mépris. Dans une autre lettre, cette fois envoyée à ses membres, le syndicat a suggéré aux dirigeants de la STO de se procurer l’ouvrage Les ressources humaines pour les nuls.

Pour le professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa Gilles LeVasseur, cet échange est signe que les relations sont difficiles. Il y voit même un risque pour la suite des négociations entre les deux parties.

Le danger, quand on voit ce genre d’échanges, c’est qu’à un moment donné, on ne peut plus reculer.

Gilles LeVasseur, professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa

M. LeVasseur a dit croire que la présence d’un intervenant extérieur pourrait s’avérer nécessaire à la poursuite des négociations.

De son côté, la STO a refusé de commenter ces échanges, affirmant qu'ils étaient de nature privée.

Avec les informations de la journaliste Estelle Côté-Sroka

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