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École à la maison : deux provinces deux réalités

C'est le retour sur les bancs d'école pour des milliers d'enfants en Ontario et au Québec, des deux côtés de la rivière des Outaouais. Or, beaucoup plus d'enfants qu'on pourrait le croire resteront plutôt à la maison et se feront éduquer par leurs parents.

Les familles Gagnon et Gatien ont choisi l'école à la maison. L'une vit à Gatineau, au Québec, et l'autre, en Ontario.

Leurs enfants vivent une rentrée bien différente de celle d'élèves sur les bancs d'école.

Pour l'année 2013-2014, plus de 6500 élèves ontariens et 1200 Québécois étaient scolarisés à la maison.

Les matins, ils étudient le français, les mathématiques et autres matières scolaires. Par contre, leurs après-midis ne ressemblent pas aux classes ordinaires.

« De l'improvisation dans l'après-midi, des fois on va au musée », raconte Catherine Gagnon, une jeune maman d'enfants scolarisés à la maison. « Aujourd'hui, il y a la natation, qui est vraiment géniale, des cours de violon, des cours de harpe, de piano. »

Chaque famille a ses propres raisons de choisir l'école à la maison.

Pour Catherine Gagnon, c'est une question de valeurs.

L'école à domicile est un choix, qui apporte son lot de préjugés et de défis, et dont les conditions d'encadrement ne semblent pas les mêmes au Québec et en Ontario.

La famille Gagnon est chapeautée par la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO), avec qui les relations sont difficiles, estime-t-elle.

La maman n'aime pas les techniques d'évaluation de ses enfants. Chaque année, à la fin de leur parcours d'apprentissage, ils doivent passer une série d'examens.

« On veut les évaluer à 100 % sur les évaluations de fin d'année. Ce n'est pas un portrait de l'enfant, c'est une photo de l'enfant », dénonce Catherine Gagnon.

Du côté de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, on rappelle que la loi est stricte sur l'éducation à domicile.

« Ce que la loi dit, c'est que si le parent demande une dispense de scolarisation, il doit s'assurer de faire un équivalent de ce que l'enfant vivrait comme expérience éducative et comme enseignement dans une école », explique Nadine Peterson, directrice du Service des ressources éducatives à la CSPO.

Mme Peterson estime toutefois que l'encadrement n'est pas suffisant pour les familles qui choisissent l'école à la maison. Les règles devraient être révisées, selon elle.

« Je crois que davantage de balises, un échéancier, viendrait aider les commissions scolaires, les directions, les services éducatifs. Avoir une meilleur entente avec le parent et une plus grande collaboration », ajoute-t-elle.

Des règles différentes en Ontario

La famille Gatien vit une tout autre réalité de l'autre côté de la rivière des Outaouais. Les règles ontariennes semblent différentes pour les élèves à la maison.

Geneviève Robert observe une grande souplesse de la part du Ottawa Catholic School Board (OCSB).

Geneviève Robert est orthophoniste de formation et maman de quatre enfants.

Elle a été séduite par la flexibilité que lui apportait l'école à domicile. La famille peut voyager à sa guise et l'apprentissage est spécifique à chacun des petits.

« Le contexte d'école à la maison, vraiment, c'est un plan d'intervention individualisé automatique pour tous nos enfants », explique Mme Robert.

Même si cet environnement d'apprentissage amène son lot de défis, ces deux familles y voient, avant toute chose, des bienfaits pour leurs enfants.

Selon un reportage de Laurie Trudel. Les données des tableaux ont été compilées par Mathieu Gohier.

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