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Élections ontariennes : les revendications des agriculteurs francophones

Valorisation de la profession, pénurie de formation en français dans le domaine agricole, problèmes de connexion Internet. Ce sont là les enjeux sur lesquels les agriculteurs francophones de l'Ontario se sont entendus lors de leur assemblée annuelle, il y a quelques semaines, à l'approche des élections ontariennes.

Une liste de ces enjeux sera envoyée, mardi, aux chefs des trois principaux partis : Doug Ford, Kathleen Wynne et Andrea Horwath.

Parmi les priorités, l'accès plus facile à Internet et au gaz naturel a « un impact sur la performance des entreprises agricoles », selon l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO).

L'organisme fait valoir que l’absence de connexion à un réseau Internet à haute vitesse dans les secteurs ruraux diminue la capacité d’innovation des fermes ontariennes.

« C'est un problème qui s'amplifie, car la technologie disponible pour les agriculteurs pour améliorer leur performance croît à un rythme exponentiel », explique Simon Durand, directeur général de l'UCFO.

Le gaz naturel a aussi été au coeur des discussions des membres de l'UCFO sur les enjeux prioritaires des agriculteurs francophones de l’Ontario.

« Il y a beaucoup d'entreprises avicoles et en serre qui consomment une bonne quantité d'énergie. Pour elles, avoir accès à une source d'énergie plus propre et économique serait un facteur très important pour améliorer performance économique et leur capacité d'investissements », précise M. Durand.

Les coûts de l'électricité en Ontario, un autre enjeu

Marcel Laviolette, un producteur avicole de Saint-Isidore, dans l’Est de l’Ontario, croit que le coût de l'électricité dans la province ralentit l'industrie agricole.

« C'est sûr que le coût de l'électricité, on ne se le cachera pas, au fil des derniers 5 à 10 ans c'est phénoménal. Si on se compare avec nos voisins québécois, nos coûts d'électricité sont presque trois fois plus hauts », analyse M. Laviolette.

M. Laviolette reconnaît que la province a diminué les coûts d'électricité au cours des dernières années. Mais, ce n'est pas suffisant.

« Les coûts ont baissé de plus ou moins 25 %, ça paraît un peu sur les factures, mais on va juste se faire frapper trois fois pire dans le futur [...] là on est en statu quo parce que les élections s'en viennent », dit-il.

Manque de formations en français

La scolarisation en français dans le domaine de l’agriculture est un enjeu de taille. Les intervenants du secteur de l’éducation font part de taux de placement de 100 % mais de nombreux emplois ne trouvent pas preneurs dû à la pénurie de travailleurs formés et outillés pour assurer le plein potentiel des fermes.

Les défis de main-d’œuvre seront sévères dans les prochaines années, tant pour les producteurs, que pour les fournisseurs et les autres acteurs de l’industrie agricole.

L’Union des cultivateurs franco-ontariens souhaite que la profession agricole en français soit valorisée dès le primaire et jusqu’au secondaire.

L’UCFO veut aussi amener le citoyen à mieux comprendre la réalité agricole de 2018 en soulignant le travail agricole, qui se distingue par son innovation dans le bien-être animal, ses compétences et son engagement dans la communauté.

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