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Élus et citoyens à la rescousse de la rue Sparks

Créer des installations artistiques, aménager des terrasses pour les restaurants, mettre sur pied un musée national des sports, interdire la fumée de cigarette, favoriser le stationnement et intégrer les cyclistes... Voici des idées proposées par des citoyens lors des consultations publiques sur la revitalisation de la rue Sparks, samedi matin à Ottawa.

Un texte d'Agnès Chapsal

Une centaine de personnes, dont le maire d'Ottawa, des conseillers, des propriétaires de commerce et des résidents de la ville, ont participé aux consultations.

Malgré sa piétonnisation dans les années 1960, la rue Sparks peine à attirer les Ottaviens et les touristes. La rue qui abrite majoritairement des commerces, des restaurants et des bureaux est parfois déserte au profit du marché By et de la rue Rideau.

« Ce qu’on observe, c’est que souvent, les soirs et les fins de semaine - à part durant les festivals l’été-, c’est très tranquille », a noté le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury.

Selon le conseiller, les deux stations du train léger qui passeront en 2018 sur la rue Sparks devront animer l'artère.

Pour sa part, le maire Jim Watson a souligné l'importance de ces consultations visant à redynamiser cette rue historique.

« C’est la première rue piétonne dans l’histoire de notre pays, c’est l’occasion pour nous d’écouter les idées provenant des citoyens de la ville », a souligné le maire. « C'est important d'attirer plus de touristes. »

Quelques exemples de revitalisation

Architecte et designer urbaine de Vlan Paysages, Julie Saint-Arnaud veut faire de la rue Sparks « un projet exemplaire, une référence qui va devenir un objet de fierté pour la Ville d'Ottawa ».

« Il faut penser la rue dans son ensemble, intégrer les contraintes techniques, mettre en valeur les potentielles de la rue, comme l'héritage architectural, pour que la rue fonctionne comme un tout. Il faut vraiment créer un environnement qui offre une ambiance, un lieu de vie qui est agréable pour les gens », a proposé Mme Saint-Arnaud.

Les firmes Vlan et Civiliti, qui ont été mandatées pour travailler avec la Ville d'Ottawa et ses partenaires sur le développement d'un plan directeur pour la rue Sparks, ont travaillé sur l'aménagement de rues à Montréal. Elles se sont notamment attardées au quartier Griffingtown, à la rue du musée à proximité du Musée des Beaux-Arts et à la promenade Smith, une « référence en matière de développement durable ».

Quelques nouvelles idées

Stephanie Appotive, directrice des opérations Howard Fine Jewellers, une boutique de bijouterie qui existe au 220, rue Sparks depuis 50 ans, assure que le manque de stationnement abordable complique la venue de clients.

« Le modèle de la rue Sparks est vraiment ancien et ce n'est pas favorable aux commerces », a-t-elle expliqué. « C'est tellement difficile parfois pour des clients de venir dans mon commerce, qu'ils m'appellent et on s'échange les achats par la fenêtre de leurs voitures. »

Pour sa part, Jean-Marie Leduc, 81 ans, retraité et collectionneur de patins, a une vision bien différente de l'avenir de la rue. Il aimerait un musée dédié à tous les sports avec les artefacts que possèdent les athlètes partout au Canada. Il se dit prêt à faire don de ses 367 paires de patins sous certaines conditions.

« Je pense qu'un musée national des sports amènerait des gens de partout », a proposé le collectionneur qui possède notamment le patin original de la courte piste. « Ça attirerait énormément de clientèle pour tous les restaurants. »

Pour sa part, l'association Bike Ottawa espère que les cyclistes seront les bienvenus sur l'artère, arguant qu'ils redonnent vie aux commerces.

Un rapport sera présenté au début de 2019 à la Commission de la capitale nationale (CCN), à la Ville et au public. Les premiers travaux doivent avoir lieu en 2019.

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